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annick-site4Voici la question orale posée lors de la séance du Parlement de la Communauté française du mardi 30 mars 2010 à Mme Marie-Dominique Simonet, Ministre de l’Enseignement obligatoire et de Promotion sociale, intitulée « Encadrement dans les établissements scolaires ». Vous trouverez également la réponse de la Ministre à mes interrogations, ainsi que ma réplique.

 

Mme Annick Saudoyer (PS). – Nous savons tous, dans cette commission, à quel point l’encadrement d’un établissement scolaire est important. Un encadrement adéquat est l’une des conditions indispensables pour faciliter le cursus scolaire des élèves, pour les aider à se concentrer d’abord sur leurs cours. Les soucis d’organisation et de méthode ne devraient intervenir en aucune manière dans tout ce qui relève de la pédagogie.

 

Naturellement, il en va autrement dans le quotidien des écoles. Que ce soit au niveau des bâtiments, des conditions de cours ou du matériel pédagogique, la situation n’est pas à la hauteur de nos ambitions et de l’importance que nous accordons à notre enseignement. Il en est parfois de même sur le plan de l’encadrement et des ressources humaines. Il arrive que, en dépit de sa meilleure volonté, le personnel d’un établissement scolaire soit pris de court, notamment par manque d’effectifs.

 

Ainsi, madame la ministre, j’aimerais envisager avec vous la question des proviseurs ou des sous-directeurs. Ils ont un rôle indispensable à jouer dans l’organisation quotidienne d’un établissement scolaire. Or il se fait que par le jeu des implantations multiples et des seuils, certains établissements se retrouvent tout simplement dépourvus de proviseur ou de sous-directeur. Cette situation ne va pas sans générer des difficultés pour tous les acteurs de l’éducation : enfants, parents, direction et personnel.

 

Serait-il possible d’envisager un système qui puisse permettre à chaque établissement scolaire d’être pourvu d’au moins un proviseur ou d’un sous-directeur ? Je sais pertinemment que nous évoluons dans une période budgétairement très difficile. Néanmoins, je pense que nous nous accordons tous à souligner l’importance de l’encadrement pour notre enseignement. Le budget de l’année 2010 pour les matières scolaires a d’ailleurs fait du maintien des postes d’encadrement une priorité. Serait-il donc possible d’envisager une évolution progressive en ce sens ?

 

Je pense qu’il faut pouvoir adapter les situations en fonction des besoins des différents établissements. De même, ne pourrait-on pas prévoir un renforcement des postes de sous-directeur dans l’enseignement qualifiant où les besoins sont parfois criants ? Avec le dispositif de l’encadrement différencié, je suis sûre que cela constituerait un signal fort et apprécié.

 

 

simonetRéponse de Mme Marie-Dominique Simonet, ministre de l’Enseignement obligatoire et de promotion sociale. – Chacun d’entre nous est convaincu de l’importance de l’encadrement dans les établissements scolaires. Je rappelle que des efforts considérables ont été accomplis en cette matière. C’est ainsi que dans le cadre du premier degré différencié, l’enseignement secondaire a bénéficié de 200 postes supplémentaires. Par ailleurs, les mesures prises en matière d’encadrement différencié ont permis de doter l’enseignement fondamental de 150 postes supplémentaires et l’enseignement secondaire, de 165 postes.

 

Le rôle du proviseur ou du sous-directeur est important, notamment dans les établissements comportant plusieurs implantations. Le proviseur est l’adjoint du chef d’établissement qu’il remplace en cas d’absence. Ses attributions couvrent plusieurs champs, comme l’organisation générale de l’établissement, la gestion éducative, la gestion des ressources humaines, la gestion administrative et matérielle, la gestion des relations avec les élèves, les parents et les tiers et, enfin, la gestion des relations extérieures.

 

Vous prônez l’octroi d’au moins un poste de proviseur ou de sous-directeur dans chaque établissement d’enseignement secondaire. C’est le décret du 29 juillet 1992 qui fixe les normes de création et de maintien des emplois de proviseur. L’établissement doit compter 600 élèves pour la création d’un premier emploi et 1 500 pour un deuxième emploi. Ces emplois sont maintenus pour autant que le nombre d’élèves ne soit pas inférieur, respectivement à 550 et à 1 400.

 

proviseurQuelle est la situation sur le terrain aujourd’hui ? La Communauté française, tous réseaux confondus, compte 509 établissements d’enseignement secondaire ordinaire. Pour toutes ces écoles, 372 postes de proviseurs ou sous-directeurs sont octroyés. Ils se répartissent comme suit : 368 établissements comptent chacun un poste, et seulement deux en comptent chacun deux. Les établissements bénéficiant d’un encadrement différencié peuvent créer ce poste de proviseur ou sous-directeur en l’imputant sur leur NTTP; cela a été le cas pour dix-huit établissements.

 

Au total, 76 % de ces établissements sont pourvus de ce poste de proviseur, sous-directeur, ce qui n’est pas négligeable. Les contraintes budgétaires et les priorités que nous nous sommes fixées nous empêchent néanmoins d’atteindre un taux idéal de couverture de 100 %. Nous devons garder en vue cet objectif pour des périodes budgétaires plus favorables.

 

 

Mme Annick Saudoyer (PS) – Ce n’est pas un idéal de vouloir atteindre un encadrement juste suffisant. L’encadrement des étudiants n’était pas aussi exigeant il y a vingt ou trente ans. À l’époque, le sous-directeur ou le proviseur était d’ailleurs parfois appelé préfet de discipline. Il portait bien son nom ! Aujourd’hui, dans les établissements d’enseignement secondaire, la discipline doit être maintenue et les élèves sévèrement encadrés.

 

Bien qu’environ trois quarts des écoles disposent de ces postes, il reste des écoles sans proviseur ! Les problèmes de discipline ne sont pas proportionnels au nombre d’étudiants. Aussi, la réforme et le décret portant sur les directions d’école rendent leurs missions plus strictes. De nombreux établissements sans sous-directeur utilisent d’ailleurs des heures de leur NTTP pour « engager » un coordinateur qui assume la fonction de proviseur. La pédagogie s’en trouve dès lors déforcée. Il est vrai que nous sommes dans une période budgétaire difficile, mais je vous invite à vous pencher sur le sujet dès que le moment sera opportun.

 

 

annick-site1Voici la question orale posée lors de la séance du Parlement de la Communauté française du lundi 1er mars 2010 à M. Jean-Marc Nollet, vice-président et Ministre de l’Enfance, de la Recherche et de la Fonction publique, intitulée « concours pour enfants ». Vous trouverez également la réponse du Ministre Jean-Marc Nollet à mes interrogations.

 

Mme Annick Saudoyer (PS). – Voici peu, l’Espace Magnum, situé à Wasmes, a accueilli un événement hors du commun, la finale de « Star Kids ». Il s’agit d’un grand casting destiné aux enfants âgés de quelques mois à 13 ans. Comme dans un défilé classique de mode, on y trouve mannequins, photographes, jury, etc., mais les vedettes du jour sont des enfants !

Organisés depuis septembre 2005, ces fameux concours « Star Kids » ont pour but, selon les organisateurs, de permettre aux candidats de commencer, dès leur plus jeune âge, l’apprentissage du maintien, du sourire et de l’expression. Ces organisateurs sont d’ailleurs persuadés que les bambins rêvent de ces défilés entourés de paillettes et de magie. La finalité de ces castings est de leur ouvrir les portes des plus grandes agences internationales, ce qui leur permettra éventuellement de travailler pour des films, des publicités, des magazines, des courts métrages, voire d’être connus dans le domaine musical.

Au départ, 1.200 candidats venant de toute la Communauté française se sont présentés. Près de 120 ont participé à la grande finale, fin janvier, à l’Espace Magnum. Ces petits bouts ont ainsi défilé sous les projecteurs et sous les flashs des photographes.

En Amérique, les concours de « Mini Miss » et autres castings destinés à nos charmantes petites têtes blondes ont un succès impressionnant. Les pratiques qui y sont développées sont souvent limites. Ces concours ont tendance à se développer chez nous, bien que l’on soit encore loin des dérives rencontrées aux Etats-Unis. Ils suscitent toutefois de nombreuses questions.

Tout d’abord, les enfants qui défilent sont souvent « vieillis ». Ils sont maquillés et leurs vêtements s’inspirent de ceux des adultes. On trouve même des strings spéciaux pour les petites filles. On les fait ressembler à des adultes alors qu’ils ne sont encore que des enfants.

Ensuite, il n’est pas rare de constater que les enfants sont parfois obligés de « faire les beaux » pour permettre à leurs parents de vivre leur réussite par procuration. L’enfant est ainsi considéré comme le roi à la maison. Puisqu’il comble les désirs de ses parents, il peut tout faire. Bref, il grandit avec le sentiment d’être le centre du monde !

Il y a aussi tout ce qui touche à l’argent. Quand un enfant devient la vedette d’une publicité ou d’un film, il gagne le pactole. Cet argent si facilement gagné, même s’il est censé être bloqué sur un compte jusqu’aux dix-huit ans de la jeune star, a de fortes chances de faire tourner les têtes, aussi bien de l’enfant que de ses parents.

Dans certains cas malheureux, des dégâts psychologiques importants ont été causés à l’enfant. On peut également nourrir des craintes pour la scolarité de ces bébés stars, leur socialisation, etc. Certaines dérives peuvent même se produire, l’enfant étant exploité ou harassé de travail. Cela peut aisément mener à une forme de maltraitance ou au travail des enfants, ce que nous rejetons avec vigueur car en désaccord total avec nos valeurs et la Convention internationale des droits de l’enfant.

Nous ne pouvons que condamner toutes les dérives que ce genre d’événements peut engendrer. L’industrie de la mode, de la publicité et des mass médias joue un jeu dangereux avec des êtres humains en construction pour assouvir des besoins purement mercantiles et présenter une vision unique du bonheur. Sommes-nous assez outillés pour faire face à ces dérives ?

En tant que ministre de l’Enfance, que pensez-vous de ce genre d’événements ? Êtes-vous informé systématiquement de l’organisation de ce type de concours destinés aux enfants ? Comment peut-on s’assurer que ces concours soient bien encadrés ? Les « enfants-stars » bénéficient-ils de conditions particulières, notamment en termes de fréquentation scolaire ? Une information et un accompagnement sont-ils assurés autour d’événements comme « Star Kids », afin de prévenir les problèmes liés au travail des enfants ou à la maltraitance ? Enfin, monsieur le ministre, vous êtes-vous concerté sur la question avec le délégué général aux droits de l’enfant ?

 

BELGIUM POLITICS PARLIAMENT PLENARY SESSION CHAMBERRéponse de M. Jean-Marc Nollet, vice-président et ministre de l’Enfance, de la Recherche et de la Fonction publique. – Il s’agit effectivement d’un débat extrêmement important. L’article 32 de la Convention internationale des Droits de l’enfant reconnaît le droit de l’enfant d’être protégé contre l’exploitation économique et de n’être astreint à aucun travail comportant des risques ou susceptible de compromettre son éducation, de nuire à sa santé ou à son développement physique, mental, spirituel, moral ou social.

En Belgique, la loi est simple et formelle : le travail des enfants est interdit et ce, depuis plus d’un siècle. Cela étant, de nombreux enfants exercent aujourd’hui des activités qui dépassent largement le cadre de leur temps libre. Il fallait donc encadrer celles-ci par une loi, qui prévoit par ailleurs quelques exceptions aux principes. C’est ainsi que des dérogations peuvent être accordées pour la participation des enfants à des manifestations à caractère culturel, scientifique, éducatif ou artistique, telles que théâtre, opéra, ballet, concours de chant ou de danse. Ces dérogations peuvent aussi concerner la participation à des prises de vue ou de son, à une émission en direct à la radio ou à la télévision, à des séances de photos ou des défilés de mode. En introduisant une demande, l’organisateur s’engage à garantir que l’activité ne puisse avoir aucune influence désavantageuse sur l’enfant. Les personnes responsables de l’enfant doivent avoir donné leur accord préalable. Si l’enfant est soumis à l’obligation scolaire, l’avis du directeur de l’école doit être demandé préalablement.

Cependant, la participation des enfants à de telles activités, singulièrement celles du type concours ou casting que vous évoquez, doit aussi être envisagée sous l’angle de la bientraitance. Dans la situation qui nous intéresse aujourd’hui, la question peut être posée de savoir si le désir des parents ne prime pas sur celui de l’enfant et si l’enfant n’a pas fait sien le désir de ses parents. Une telle situation n’est pas saine pour l’enfant et pourrait causer des effets néfastes à plus long terme. L’emmener dans de tels projets est le priver en partie de son enfance.

Dernièrement, en réponse à M. Senesael, j’ai abordé la notion d’« enfant-roi », et cela fut pour moi l’occasion de mettre en lumière le travail de l’ONE relatif au soutien à la parentalité. Celui-ci se traduit, entre autres, par l’élaboration d’un carnet des parents ou la diffusion de séquences intitulées « Un air de famille » à la RTBF et sur le site Web de l’ONE. Ce travail de soutien à la parentalité se traduit aussi chaque année par des campagnes thématiques.

Une de ces campagnes portait sur les limites et les repères dans l’éducation.

mini-missLorsque des enfants sont poussés trop vite à entrer dans le monde des adultes au détriment de leur développement, comme lors des concours de mini miss, comme l’appellation le laisse clairement entendre, on fait jouer aux enfants un rôle d’adulte. Or les mondes de l’enfant et de l’adulte sont différents. Exposer les enfants au monde des adultes, assorti de critères de séduction et de sexualité, est évidemment à proscrire.

Ces pratiques inquiètent le délégué général aux droits de l’enfant. Il a été interpellé à de nombreuses reprises sur le sujet, de manière informelle jusqu’à présent. Nous avons dès lors convenu d’une collaboration entre nos équipes. D’autres partenaires institutionnels se penchent également sur la problématique. Par ailleurs, Yapaka, la cellule de coordination de la maltraitance initiée par la Communauté française, a rédigé une carte blanche sur le concours des mini miss, parue samedi dernier dans La Libre Belgique. Ces concours sont en général d’initiative privée et ne m’ont jamais été annoncés. Rien à ce stade ne les oblige à le faire. Les organisateurs doivent se conformer à la loi qui inclut la nécessité de ne pas mener une activité qui serait désavantageuse pour l’enfant. Je ne souhaite absolument pas encourager le développement de ce type d’initiatives.

 

Mme Annick Saudoyer (PS). – Nous partageons le même point de vue, monsieur le ministre. Il faut cependant rester vigilant et envisager de modifier la loi. Les organisateurs promettent certes de se soumettre aux règlements, mais le danger vient souvent des parents eux-mêmes, comme nous le constatons parfois aux États-Unis. Ces concours sont de plus en plus nombreux dans notre pays. Nous devons être attentifs afin d’empêcher toute dérive.

annick-site2Voici la question orale posée lors de la séance du Parlement de la Communauté française du mardi 9 février 2010 à Mme Marie-Dominique Simonet, Ministre de l’Enseignement obligatoire et de Promotion sociale, intitulée « masculinisation du métier d’enseignant« . Vous trouverez également la réponse très complète de la Ministre Simonet à mes interrogations.

Mme Annick Saudoyer (PS).Récemment, un magazine traitait de la masculinisation de l’enseignement. Depuis toujours, les femmes sont plus nombreuses dans ce métier mais cette tendance semble s’accentuer. Ce magazine affirme que la gent masculine ne représente qu’un pour-cent des enseignants du niveau maternel, 15 % dans l’enseignement primaire et 40 % dans le secondaire.

Il serait intéressant de comprendre pourquoi la présence des hommes est plus importante plus le niveau d’enseignement est élevé. Par ailleurs, les hommes sont plus nombreux dans les fonctions de direction, bien que de plus en plus de femmes y accèdent. Mais cela n’est pas l’objet principal de ma question.

Cette sur-représentation des femmes dans l’enseignement ne serait pas sans conséquence. Pour construire sa personnalité, un enfant a besoin de s’identifier aux modèles masculin et féminin. Or, durant leur scolarité, les garçons ne rencontreraient pas assez de références masculines, ce qui serait préjudiciable à la représentation équilibrée des rôles et des statuts.

L’article sous-entendait que les garçons seraient moins doués que les filles pour les études. Je pense que d’autres raisons sont en jeu. En tout cas, dès le primaire, 20 % des garçons accusent un retard d’au moins un an, contre 16 % des filles. Ce sont également eux qui redoublent le plus. Dans l’enseignement secondaire, toujours plus de garçons que de filles accumulent au moins un an de retard (51 % contre 41 %).

Peut-on toutefois imputer ces résultats au taux élevé de femmes dans le métier d’enseignant ? Ce n’est pas certain. Peu d’enquêtes se sont réellement penchées sur le sujet. Une étude effectuée en 2006 aux États-Unis auprès de 25.000 élèves affirme que les garçons réussissent mieux lorsque le professeur est un homme. Une autre étude, réalisée auprès de 600 écoles en Flandre, conclut que 33,5 % des garçons échouent au moins une fois dans un contexte d’enseignement féminin contre moins de 20 % des filles.

Herman Brutsaert, sociologue de l’Université de Gand, est allé un peu plus loin dans ses observations. Il en conclut que la plupart des garçons subissent plus de stress, sont moins motivés et s’adaptent moins bien que les filles. Selon lui, la prépondérance d’institutrices en est clairement l’une des causes. Toujours selon ce sociologue, les petits « machos » seraient tiraillés entre leur identité masculine – compétitivité, activité, domination – et les exigences des enseignants : ordre, capacité d’écoute, docilité. Cela les amènerait à adopter une attitude de rejet de l’école et des filles.

Dans certaines écoles, l’absence d’instituteurs masculins poserait aussi des problèmes d’autorité. « Face à des gamins qui, chez eux, ne prennent ni leur mère ni leur sœur au sérieux, on a vite un problème avec l’autorité de la maîtresse », affirme un directeur d’école secondaire.

Ensuite, et les enquêtes le confirment, les enseignants ne traitent pas les élèves de la même façon. Ainsi, les garçons sont trois fois plus cités par des professeurs majoritairement féminins qui, inconsciemment, essaient de garder le contrôle de la classe en occupant les plus turbulents.

Faudrait-il coûte que coûte augmenter le nombre d’enseignants masculins ? L’expérience tentée en Grande-Bretagne et en Allemagne n’a eu aucun impact sur les performances scolaires des élèves, garçons comme filles.

Malgré tout, les experts s’accordent à regretter le manque d’hommes dans les écoles. Et ce ne sont pas les clichés du genre « l’école, c’est une affaire de filles » fréquemment entendus qui vont changer la donne. Au contraire, ils éloigneraient définitivement ces messieurs des métiers de l’enseignement.

Comment les attirer vers l’éducation ? Car si l’on insiste régulièrement sur la revalorisation de la profession, aucune mesure n’est réellement prise pour encourager les vocations masculines.

Je voudrais vous poser trois questions, madame la ministre.

Tout d’abord, les chiffres dévoilés par ce magazine concernant le pourcentage d’enseignants masculins sont-ils exacts ?

Selon vous, comment expliquer que les hommes soient si peu intéressés par la profession d’instituteur ou de professeur ?

Que pourrait-on faire, à l’échelon de la Communauté française, pour encourager les jeunes étudiants masculins à embrasser la profession d’enseignant ?

 

simonet2Réponse de Mme Marie-Dominique Simonet, ministre de l’Enseignement obligatoire et de promotion sociale. – Votre question découle donc des statistiques publiées par un hebdomadaire bien connu concernant la féminisation du métier d’enseignant. Vous vous inquiétez, à juste titre d’ailleurs, des conséquences éducatives et pédagogiques de cette évolution.

Nous avons effectivement pu observer une importante féminisation du métier. De même, parmi les élèves de l’enseignement supérieur, on compte davantage de filles que de garçons. Concernant les chercheurs du FNRS, la parité est à présent acquise, mais on constate que dans l’enseignement supérieur, par exemple, les enseignants sont souvent masculins. Que dire des recteurs ? Que dire de la composition des conseils d’administration ? On assiste actuellement à un véritable questionnement de société.

Je vous propose de vous référer aux données statistiques présentées dans l’édition 2009 des Indicateurs de l’enseignement, ce qui me donne l’occasion de souligner à nouveau l’importance et l’excellence du travail accompli par l’administration de la Communauté française.

Observons tout d’abord une tendance sur le long terme. De 1992 à 1998, le taux de féminisation dans l’enseignement obligatoire a clairement progressé. En 1992, la proportion de femmes de 45 ans dans le personnel enseignant était de 64 % et en 2008, de 74 %.

Pour l’année scolaire 2007-2008, la proportion de femmes dans l’enseignement fondamental ordinaire était de 85,7 %, dans l’enseignement secondaire, de 60,9 % et dans l’enseignement spécialisé, de 66,4 %.

Ensuite, il faut souligner que l’âge avançant, la proportion de femmes décroît. Le phénomène devient tout à fait significatif à partir de 55 ans et plus encore après 60 ans. Toujours en 2007-2008, le taux global de féminisation dans l’enseignement ordinaire était de 87 % à 22 ans, mais il n’était plus que de 63 % à 55 ans et chutait à 25 % à 65 ans. De 55 à 60 ans, les femmes sont 12 % de plus que les hommes à opter pour un départ anticipé à la retraite, à la faveur des mesures d’aménagement de fin de carrière. Les femmes ont davantage tendance que les hommes à partir à la retraite à soixante ans.

Le phénomène qui retient notre attention n’est pas propre à la Communauté française puisqu’il se présente également dans de nombreux autres systèmes scolaires européens. En 2007, le taux de féminisation moyen de la profession en Europe était légèrement supérieur dans l’enseignement fondamental, avec 87 %, tout comme dans l’enseignement secondaire, avec 62 %. En parallèle, il faut constater, dans la catégorie professionnelle des enseignants, une augmentation importante du travail à temps partiel, en particulier dans l’enseignement fondamental ordinaire où le taux de féminisation est par ailleurs le plus élevé.

Ce constat permet au moins d’émettre une hypothèse quant à l’attractivité du métier pour les femmes, sans pour autant tomber dans des clichés sexistes. Elles seraient davantage attirées par la souplesse relative des horaires dans le cadre d’un travail à temps partiel, d’un rythme adapté aux congés scolaires des enfants. Cela laisse entendre qu’au sein de la famille, les rôles éducatifs ou du moins les temps de prise en charge des enfants du ménage seraient encore loin d’être partagés systématiquement entre les hommes et les femmes. Vaste débat !

À l’inverse, on peut émettre l’hypothèse que les hommes ne sont guère attirés par une profession qui est actuellement perçue comme apportant un salaire d’appoint. Lors des rencontres dans les hautes écoles, les collaborateurs de mon cabinet sont confrontés à des revendications salariales de la part des étudiants futurs enseignants.

Pour élargir la réflexion, notons que c’est précisément dans les disciplines offrant d’autres débouchés que l’enseignement que l’on observe le phénomène de pénurie. L’agrégé en langues germaniques s’orientant plus facilement vers d’autres secteurs professionnels, on manque évidemment de professeurs de langues, en particulier en cours d’année lorsqu’il s’agit d’assurer les intérims. Il faut d’ailleurs préciser que les réformes successives dans certains départements universitaires, comme la faculté de philosophie et lettres, visent précisément à offrir aux étudiants d’autres perspectives que l’agrégation et l’enseignement, d’où l’association d’une langue ancienne et d’une langue moderne.

Même des disciplines jugées plus masculines, comme les sciences ou les mathématiques, attirent moins de candidats masculins. En 2007, on dénombrait dans les écoles normales formant des régents 290 garçons pour 398 filles en mathématiques et 185 garçons pour 216 filles en sciences.

Il ne faut pas se livrer à de grandes analyses sociologiques pour mettre en évidence des causes plus fondamentales de la désaffection de la profession par les hommes. On sait qu’à un moment donné de l’histoire, une société tend à valoriser pécuniairement et symboliquement les activités qui assurent le maintien et la reproduction de sa structure économique productrice de ressources et de richesse. Dans les sociétés postindustrielles sont par exemple valorisées les fonctions de gestion des fonds d’investissements, de création de technologies de pointe, de développement des marchés, de management des ressources humaines… Plus une activité professionnelle est proche du noyau dur d’activités qui développent le système en place, plus elle est dotée en rémunérations, gratifications et valorisation. À la lumière de cette approche, on perçoit d’emblée que la position sociale d’un chercheur dans le domaine des sciences appliquées n’est pas la même que celle d’un régent en sciences.

Certes, toutes les analyses soulignent l’importance de la matière grise, donc du capital humain, dans les économies de la connaissance, mais les fonctions vitales pour le développement des sociétés postindustrielles relèvent d’un haut niveau de formation et d’expertise.

Le statut social du professeur d’université n’est pas équivalent à celui du professeur de collège. Il est nécessaire de prendre davantage conscience du fait que l’instituteur du fondamental, le professeur du secondaire font croître le capital futur. Un rapport de l’OCDE datant de 2005 met ainsi en évidence la difficulté d’attirer, de former et de retenir des enseignants de qualité. Selon les informations de mon collègue, le ministre Pascal Smet, en Flandre, le taux de départ des enseignants dans les cinq premières années est identique à celui de la Communauté française. Cette tendance est générale en Europe. Comment attirer, former et retenir les enseignants de qualité ? Cela nous montre une nouvelle fois que ces problématiques dépassent largement le cadre de notre système scolaire.

Ce rapport de l’OCDE note que « les enseignants compétents ne réalisent pas nécessairement toutes leurs possibilités dans un environnement qui ne leur offre ni le soutien dont ils ont besoin ni les défis stimulants et les récompenses appropriées. »

On peut déduire de ce constat joint à l’image sociale particulièrement dégradée de l’enseignant en Communauté française que ce métier n’est pas suffisamment attractif du point de vue d’un plan de carrière mais également du point de vue du développement personnel.

À force de manquer de reconnaissance sociale, nos enseignants manquent sans doute également de confiance.

Par ailleurs, en l’état actuel des recherches que vous avez mentionnées, rien ne permet d’invalider la corrélation établie par les chercheurs entre la féminisation de la profession et les difficultés rencontrées par les garçons par défaut de référents masculins.

Ce constat se vérifie sans doute plus particulièrement à certains moments du parcours scolaire, comme la fin du premier degré et du deuxième degré de l’enseignement secondaire. Ce sont des moments charnières. Certains psychologues prônent même la séparation éducative entre les garçons et les filles à cette étape de l’adolescence.

Dans son ouvrage intitulé À l’école de l’adolescence, Philippe Van Meerbeeck souligne ainsi l’importance de la différenciation sexuelle au moment de la puberté. « Douze, treize ans, c’est l’âge où l’amitié et le besoin d’être avec les personnes de son âge et de son sexe sont très importants. À cet âge, la mixité apparaît donc comme un forçage. À cet âge, les garçons ont besoin de professeurs masculins et les filles de professeurs féminins. »

On en revient donc à la quadrature du cercle. Comment valoriser le métier d’enseignant en vue d’attirer les meilleurs enseignants et de le masculiniser davantage ?

Le rapport Mc Kinsey, relatif aux clés du succès des systèmes scolaires les plus performants souligne que ces derniers recrutent en général leurs enseignants par des procédures de concours, parmi le meilleur tiers des promotions d’étudiants diplômés de l’enseignement supérieur : 5 % des meilleurs en Corée du Sud, 10 % en Finlande, 30 % à Singapour et à Hong Kong.

Ce rapport indique encore que « partout dans le monde, les meilleurs systèmes scolaires se distinguent par deux caractéristiques : ils ont mis en place des mécanismes efficaces pour sélectionner les candidats à la formation d’enseignants et ils offrent un bon salaire d’embauche ».

À titre d’exemple, la Finlande a amélioré le statut des enseignants du primaire par rapport à ceux du secondaire, en réduisant à cent euros par mois l’écart salarial.

Madame Saudoyer, vous me demandiez ce que peut faire la Communauté française pour encourager les jeunes professeurs masculins à embrasser la profession d’enseignant. Permettez-moi, sans la moindre ironie, de renvoyer à notre assemblée la question des moyens dont la Communauté française dispose effectivement pour suivre les recommandations du rapport. Nous devons faire mieux en disposant de moyens identiques. Il faut provisoirement explorer de nouvelles pistes.

De nouvelles pistes doivent être explorées, parmi lesquelles figure le tutorat des jeunes enseignants, recommandé par le CEF. Il est d’ailleurs mentionné dans la Déclaration de politique communautaire. Dans le système gallois, par exemple, les jeunes enseignants bénéficient d’un allègement d’horaire pendant une année pour leur permettre de réfléchir à leur pratique avec l’aide d’un enseignant expérimenté et formé à cet accompagnement. Cette piste extrêmement intéressante est étudiée par mes collaborateurs. Un projet de formation au tutorat nous a été remis par une équipe pluridisciplinaire des Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix de Namur.

Toutefois, les perspectives budgétaires pour 2010 ne m’autoriseront as à alléger la charge des jeunes enseignants ni à accorder un crédit-temps à des tuteurs. Je ne peux même pas confirmer la possibilité de financer des expériences pilotes.

J’en viens aux pistes liées aux représentations des métiers, davantage d’ordre symbolique. Nous devons redéfinir et renforcer l’identité professionnelle des enseignants.

Il apparaît qu’ils constituent une catégorie professionnelle particulièrement rétive à l’usage d’un jargon professionnel entre pairs, surtout s’il est d’ordre pédagogique. Cet élément est intéressant, car la plupart des catégories professionnelles se situent socialement par leur jargon, comme les médecins, les avocats, les architectes ou les corps de métier manuels. Elles sont fières d’utiliser le vocabulaire de leur art. La fierté des enseignants passe le plus souvent par la maîtrise de savoirs liés à leur discipline.

eleves-en-classe1Peut-être y a-t-il un malentendu entre ceux qui exercent ce métier et la commande sociale désormais tournée vers l’apprentissage tout au long de la vie. La revalorisation de ce métier passe par une professionnalisation dès la formation initiale qui mette davantage l’accent sur les compétences pédagogiques. Celles-ci ne représentent en effet que 7,5 pour cent du volume total d’heures de cours donnés aux futurs enseignants, selon une analyse publiée par le CEF en juin 2009.

À défaut, nous continuerons d’enregistrer des abandons provoqués par un impossible travail de deuil des représentations illusoires que se font les jeunes enseignants.

Une enquête récemment publiée par la Ligue des familles révèle que si 75 pour cent des enseignants sondés pensent maîtriser la connaissance des matières, seuls 61 pour cent estiment posséder les compétences pédagogiques ; 53 pour cent les aptitudes relationnelles ; 50 pour cent la capacité de se faire respecter.

L’une des causes de la désaffection pour le métier réside dans le mal-être bien réel de nos enseignants que font apparaître de nombreuses études et une abondante littérature.

Le métier doit donc être refondé à tous les niveaux, par la formation initiale et la formation continuée. Les candidats enseignants doivent savoir qu’il ne s’agit plus de transmettre les connaissances qui les intéressent personnellement, mais d’accompagner des apprenants, de devenir un spécialiste de l’acte d’apprendre, de développer des séquences didactiques. L’enseignant gagnerait à être mieux formé et guidé par les acquis des sciences cognitives.

C’est l’évolution du métier dans les économies de la connaissance fondées sur l’apprentissage tout au long de la vie. Elle ne correspond pas aux représentations collectives du métier d’enseignant.

Toutefois, nous ne devons pas négliger le professionnalisme, comme le notait l’ouvrage pamphlétaire L’école n’est pas la bonne à tout faire de la société.

La Communauté française devra donc dégager les moyens nécessaires pour associer à l’école les experts qui complètent, soutiennent et allègent le travail des enseignants spécialistes de l’apprentissage.

On évoque souvent, avec emphase, la nécessaire revalorisation du métier d’enseignant. Mais face à des phénomènes de société comme la crise de l’autorité, la perte des repères, la violence, la dualisation sociale ou les mutations culturelles, l’impuissance de l’école est immédiatement montrée du doigt, comme si elle portait une responsabilité particulière.

Les gros titres de certains médias, dont certains se sont fait une spécialité, sont ravageurs pour le moral des enseignants et le système scolaire. Les débats médiatisés ne relatent pas de manière juste le partage des rôles et les enseignants vivent très mal cette situation où ils se sentent les boucs-émissaires.

L’école est sans doute le révélateur des problèmes de société qu’elle doit assumer en partie, mais elle ne peut tout réparer ni tout prendre en charge. Dans la lutte contre les stéréotypes il est essentiel que les leaders d’opinion et les responsables politiques adoptent un regard confiant sur l’école et adoptent un discours gratifiant envers les enseignants.

La position occupée dans l’échelle sociale est déterminée objectivement par les salaires – ceux des enseignants, ne sont pas inférieurs à ceux de pratiqués par la Fonction publique – mais surtout par une attitude subjective et par une part du capital symbolique.

 

Mme Annick Saudoyer (PS) – Je vous remercie pour votre réponse et l’analyse très complète que vous faites. La revalorisation du barème des instituteurs a-t-elle entraîné une évolution dans l’attrait de ce métier ? Les stéréotypes ont la vie longue et continuent à être promus dans l’enseignement notamment par le langage. Il faut continuer à les combattre à tout prix.

annick-site1Voici les questions orales posées par M. Yves Reinkin et moi-même lors de la séance du Parlement de la Communauté française du mercredi 27 janvier 2010 à Mme Marie-Dominique Simonet, Ministre de l’Enseignement obligatoire et de Promotion sociale, relative au « rapport de l’inspection pédagogique ». Vous trouverez également la réponse de la Ministre Simonet à nos interrogations.

M. Yves Reinkin (ECOLO).Les articles de presse consacrés au rapport de l’inspection pédagogique ont été assez durs : « Le bulletin calamiteux de l’école francophone », « Le coup de règle de l’inspection », « L’inspection cabre les enseignants ». Si l’on parle bien de l’école francophone et non des enseignants qui feraient mal leur travail, ceux-ci ont néanmoins très mal réagi. Ainsi certains d’entre eux estimaient que l’inspection les avait salis et qu’elle avait oublié la réalité et les difficultés du métier.

 

Les mots sont lourds de sens. C’est même parfois un peu surprenant car, quand on lit tout le rapport de l’inspection, on se rend compte que, si des pratiques de notre enseignement peuvent être améliorées, il existe aussi pas mal de choses positives. En outre, les enseignants sont à l’écoute des remarques et sont prêts à en tenir compte.

 

Il ne faut pas de jeter de l’huile sur le feu. Face à cette tension dont l’école n’a absolument pas besoin, comptez-vous faire en sorte, madame la ministre, que ce que nous considérons comme un malentendu puisse être réglé entre les représentants de l’enseignement et l’inspection ? Estimez-vous utile d’organiser une rencontre pour dissiper le malaise ?

 

 

Mme Annick Saudoyer (PS). – Je ne reviendrai pas sur les propos de M. Reinkin et sur les articles de presse. Il est vrai que la mise en place des outils d’évaluation est assez lente. Ils sont certes récents et il faut laisser du temps pour que leurs effets se fassent ressentir sur le terrain. Ils sont toutefois très importants pour évaluer le niveau de nos jeunes. Comme on l’indique dans la Déclaration de politique communautaire, il existe d’ailleurs une demande expresse des services de l’inspection. Cette année, l’organisation des épreuves d’évaluation en sciences en 4e année secondaire a pourtant été annulée, c’est regrettable.

 

Quelles mesures prendrez-vous éventuellement, madame la ministre, pour utiliser au mieux ces outils d’évaluation que je trouve excellents ? Pourrait-on prendre des mesures pour encore davantage articuler le travail des inspecteurs, des inspectrices et des enseignants ? Ne faudrait-il pas des ressources supplémentaires ?

 

 

 

simonetMme Marie-Dominique Simonet, ministre de l’Enseignement obligatoire et de promotion sociale. – Je vous remercie de me donner l’occasion de reparler de ce rapport. Depuis l’entrée en vigueur de notre décret sur l’inspection, c’est la première fois que les services de l’inspection dressent un rapport global, rapport que nous ne devons pas craindre.

 

Ce rapport met en évidence de bonnes pratiques et de nombreux éléments positifs mais aussi des hésitations ou des manquements. Il n’est pas lénifiant mais, quand nous voyons les indicateurs de l’enseignement, nous n’avons pas besoin de rapport complaisant. Du reste, ce document souligne la volonté de nos enseignants de s’améliorer et de bénéficier d’un accompagnement.

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Chaque fois qu’une mission d’inspection a eu lieu, elle a été suivie d’une communication adressée aux enseignants par l’intermédiaire de la direction de l’établissement. Lorsque des manques ont été constatés, les équipes sur le terrain ont travaillé avec les conseillers pédagogiques. Quand l’inspection est revenue six ou sept mois plus tard, elle a constaté une amélioration.

 

C’est dans cette dynamique que nous nous plaçons. Les évaluations externes font partie des outils d’évaluation dont vous souligniez l’importance et permettent de renforcer l’auto-évaluation des enseignants. Ceux-ci ont surtout besoin de sérénité pour travailler et d’un accompagnement afin de relever les défis.

 

Le rapport a été présenté à la commission de pilotage, composée entre autres de représentants des organisations syndicales, et selon les informations que j’ai reçues, ce rapport a été apprécié à l’unanimité.

 

 

M. Yves Reinkin (ECOLO). – Comme vous l’avez indiqué, ce rapport a l’avantage de distinguer les difficultés mais aussi les bonnes pratiques. Il faut renforcer la dynamique de responsabilisation des acteurs au lieu de les culpabiliser.

 

Cela étant, je ne peux que vous inviter à les réunir à nouveau dès que possible afin d’éviter de nouveaux malentendus que les médias n’hésiteront pas à relayer.

 

 

Mme Annick Saudoyer (PS). – La réforme des inspections est récente. Il faut donc laisser le temps agir et rassurer les enseignants qui accomplissent un travail formidable. Ils ne doivent en effet pas voir ce rapport comme une punition, les pratiques intéressantes y sont également mentionnées.

 

 

 

 

annick-siteVoici la question orale posée lors de la séance du Parlement de la Communauté française du lundi 25 janvier 2010 à Mme Evelyne Huytebroeck, Ministre de la Jeunesse, relative au « plan 12-25 pour la Jeunesse ». Vous y trouverez également la réponse de la Ministre Huytebroeck et la discussion qui a suivi.

Mme Annick Saudoyer (PS).L’accord de majorité de la Communauté française prévoit la mise en place d’un « plan 12-25 ans » pour la jeunesse. C’est, comme vous l’avez dit dans la presse, l’une de vos priorités. Dans l’interview accordée au journal Le Soir en septembre dernier, vous déclariez notamment, je cite : « Nous devons travailler avec les organisations de jeunesse, les centres de jeunes et les associations reconnues mais je voudrais aussi toucher une population moins impliquée dans les structures : jeunes en difficulté, sans papiers, handicapés et d’autres encore ». Nous nous réjouissons de votre détermination à mettre en place cette heureuse initiative.

 

À ce stade, j’aimerais avoir quelques précisions concernant les éléments constitutifs de votre plan. Quelle sera la méthodologie suivie ? Quels en sont l’échéancier et les budgets prévus pour sa mise en œuvre ? Comment comptez-vous dégager les moyens à la hauteur de vos ambitions ?

 

Pour l’élaboration dudit plan, vous exprimez la volonté de travailler avec le secteur associatif jeune. Avez-vous déjà pris contact avec les instances sectorielles comme la Commission consultative des organisations de jeunesse (CCOJ) ou la Commission consultative des centres et maisons de jeunes (CCMCJ) ? En outre, comment ciblerez-vous vos partenaires potentiels ? Avez-vous déjà une idée de ceux que vous solliciterez dans le cadre de cette démarche ?

 

Il reste la question de l’implication des jeunes inorganisés que vous appelez « moins impliqués dans les structures ». Comment allez-vous toucher ces jeunes moins ou non représentés et quel gage de représentativité allez-vous leur donner ?

 

 

evelynehuytebroeckRéponse de Mme Evelyne Huytebroeck, Ministre de la Jeunesse. – Les questions relatives au secteur de la jeunesse sont de nature transversale. Les politiques qui touchent les jeunes se retrouvent dans de nombreux textes et compétences à différents niveaux de pouvoir, allant du règlement de police au nombre de redoublements scolaires en passant par les politiques d’emploi régionales et fédérales. Le projet du « plan jeunesse » exige de l’ambition et une réflexion collective dans le sens de la transversalité.

Nous devons non seulement définir un objectif, une méthode, un calendrier mais aussi organiser la collaboration avec les différents partenaires.

Je ne souhaite pas que la portée de ce plan soit réduite aux seules articulations dont j’ai la responsabilité, à savoir la Jeunesse et l’Aide à la jeunesse. Je ne veux pas non plus en arriver uniquement à un catalogue saisonnier de réponses politiques aux questions portant sur la place des jeunes dans notre société. Ce plan doit englober la concertation avec les acteurs de la jeunesse, les acteurs sociaux et les acteurs politiques.

Pour la concertation, des rencontres ont déjà eu lieu, notamment avec la CCOJ et la CCMCJ, qui seront consultées durant le premier semestre 2010 sur la note d’intention que nous préparons pour l’instant. Je souhaite également associer à notre réflexion le Conseil de la jeunesse qui représente tous les jeunes de la Communauté française, en ce compris les jeunes moins impliqués dans des structures. Des éléments d’un futur Plan jeunesse pourraient émerger des différents forums qui seront organisés en 2010 par le Conseil de la jeunesse.

Pour les secteurs travaillant avec des jeunes en danger, des jeunes handicapés ou au départ de thématiques spécifiques, je compte également impliquer les organes consultatifs concernés, en concertation avec les ministres de tutelle, ainsi que les conseils d’arrondissement de l’Aide à la jeunesse.

Je proposerai à mes collègues des gouvernements régionaux et communautaires de mettre sur pied une conférence interministérielle chargée du suivi et de l’inscription transversale des actions du plan jeunesse dans la durée.

Une partie des défis à relever pour et avec la jeunesse sont connus à ce jour. Je pense notamment à la participation des jeunes dans leur lieu de vie, à l’accès à l’emploi, au rapport avec les médias, aux problèmes d’assuétude ou à leurs grandes préoccupations pour un développement durable. Ces thématiques font déjà l’objet d’une attention particulière dans mes équipes et chez mes collègues. Des contacts ont déjà été pris avec les différents cabinets pour envisager une approche conjointe de ces questions et organiser des tables rondes réunissant experts et travailleurs du secteur. Ces tables rondes seront mises sur pied en parallèle avec les réunions destinées à examiner la note d’intention qui sera soumise pour consultation.

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Comme vous le soulignez, la dimension budgétaire de cette action est importante. Malheureusement, vous le savez, les finances de la Communauté française ne nous permettent pas d’investir à la hauteur de nos ambitions. Il va donc falloir faire preuve de créativité. En tant que ministre de la Jeunesse, je n’ai pas le monopole des compétences qui touchent l’adolescent et le jeune adulte. Une action conjointe et solidaire avec mes autres collègues est donc nécessaire.

En résumé, la note d’intention est en préparation, une concertation a déjà eu lieu avec certains, notamment grâce aux agoras du Conseil de la jeunesse. Une rencontre est prévue avec les autres ministres pour assurer un plan cohérent et efficace. Nous pouvons certainement y arriver en dépit des difficultés. Je prends pour exemple le plan Pauvreté bruxellois, dans lequel plusieurs niveaux de pouvoir sont impliqués. L’organisation d’une conférence interministérielle et l’élaboration de propositions très concrètes dans tous les domaines nous aideront sans doute à y arriver. Cela ne se fera peut-être pas en six mois. Notre objectif va au-delà d’une simple note d’intention, nous voulons des engagements concrets à proposer dans le budget.

 

Mme Annick Saudoyer (PS). – Madame la ministre, vous semblez vous poser les mêmes questions que moi ! Vous parlez d’une note d’intention mais je vous interrogeais justement sur vos intentions ! Notre commission devrait disposer de plus de précisions sur ce plan. Si vous êtes en train de l’écrire, nous aimerions pouvoir participer à son élaboration. Nous devrions également avoir des informations sur l’aspect budgétaire. Une note d’intention sans budget n’est pas très utile. De grandes déclarations politiques seront sans effet sur le terrain. J’espère que nous pourrons revenir rapidement sur cette question et que vous pourrez défendre ce plan dans le budget.

 

Mme Evelyne Huytebroeck, ministre de la Jeunesse. La concertation avec les parlementaires devra certainement avoir lieu mais laissez-nous le temps de travailler. Cette note d’intention n’est pas uniquement concoctée dans mon cabinet. Des partenaires ont déjà été rencontrés, je voudrais qu’il y en ait d’autres. Les agoras du Conseil de la Jeunesse doivent également aboutir. Après cette concertation et quand la note d’intention sera prête, je pourrai vous présenter ce plan mais, à mon avis, ce ne sera pas avant quelques mois.

 

Mme Annick Saudoyer (PS). – Nous attendrons patiemment votre note, madame la ministre.

annick-site1Voici les questions orales posées par M. Gilles Mouyard et moi-même lors de la séance du Parlement de la Communauté française du mercredi 16 décembre 2009 à Mme Marie-Dominique Simonet, Ministre de l’Enseignement obligatoire et de Promotion sociale, relative à « l’absentéisme des enseignants« . Vous trouverez également la réponse de la Ministre Simonet à nos interrogations.

M. Gilles Mouyard (MR). – Nous avons appris par la presse que le taux d’absentéisme était élevé parmi les enseignants. On évoque le chiffre de plus de 1,5 million de jours d’absence cumulés sur l’année 2009. En outre, ce chiffre est en hausse de 4,5 % depuis 2007. Le taux annuel est de 7 %, ce qui est supérieur à beaucoup d’autres secteurs.

 

Cette information a été diffusée, notamment par les syndicats. Parmi les raisons évoquées figurent les conditions de travail, le stress, le mal-être des enseignants. J’imagine qu’avec cette annonce, les syndicats ont souhaité transmettre un message… Peut-être ont-ils déjà tenté d’en discuter avec vous, madame la ministre, sans recevoir de réponse.

 

Je connais nombre d’enseignants qui ne sont plus très heureux dans leur métier. Ils se considèrent mésestimés dans une profession qui n’est pas aussi respectée qu’elle devrait l’être.

 

On ne peut dédouaner le monde politique d’une telle situation – sauf vous, peut-être, qui venez d’entrer en fonction –, car beaucoup de décisions regrettables ont été prises dans le passé. Nous sommes à l’aube d’un grand débat sur la question, nécessaire pour l’avenir de notre enseignement.

 

Confirmez-vous les chiffres cités ?

 

Aviez-vous pris contact avec les syndicats avant la publication de ces chiffres ?

Mme Annick Saudoyer (PS). – J’ai pu lire les mêmes chiffres dans la presse. Un tel article donne une image négative du corps enseignant et je le regrette. L’enseignement est un métier difficile et je ne voudrais pas que l’on formule des conclusions hâtives.

 

L’absentéisme a toujours été légèrement plus élevé dans l’enseignement que dans les autres professions. Cette fois, cependant, les mois de septembre, octobre et novembre ont enregistré une hausse très marquée de 41 %. Il est vrai que ce métier est pénible et que les conditions de travail ne sont pas toujours excellentes.

 

Comment analysez-vous les montants publiés dans les médias, Madame la Ministre ? La hausse enregistrée au cours de ces trois mois marque-t-elle une tendance générale ou s’agit-il d’un fait exceptionnel ?

 

Quelles mesures envisagez-vous pour abaisser ce taux d’absentéisme ?

 

En tant qu’ancienne préfète, je sais que le remplacement des enseignants malades est un réel problème pour les directions d’école. Au cours de ces trois derniers mois, les remplacements ont-ils donné lieu à des difficultés particulières ?

 

 

simonetRéponse de Mme Marie-Dominique Simonet, Ministre de l’Enseignement obligatoire et de Promotion sociale. – Je tiens à vous exposer les chiffres réels des absences pour maladie des enseignants. Depuis août 2008, la société Mensura gère le contrôle médical et les absences de ces derniers.

 

Pour les onze premiers mois de 2009, on comptabilise 1.364.399 jours d’absence. Pour décembre, les statistiques n’étant pas disponibles avant la fin du mois, on a fait une estimation à partir de la moyenne des absences de décembre des dix dernières années, ce qui donne quelque 140.000 jours. Ce calcul a permis d’établir le nombre total de jours d’absence pour 2009 qui s’élève à 1.505.000, chiffre inférieur aux 1.512.000 jours qui correspondent à l’année 2007 et aux prévisions pour 2009, qui étaient de 1.579.000 jours.

 

Voici dix ans, en 1999, le taux d’absentéisme atteignait 1.941.327 jours. Par rapport à cela, nous connaissons une diminution de 22 % et j’en suis heureuse. Je reconnais qu’enseigner est éprouvant et les enseignants nous font part régulièrement de leurs difficultés. Le taux d’absentéisme n’est toutefois pas en augmentation de 41 %, comme certains l’ont affirmé, mais plutôt en diminution, ce qui n’exclut pas de prendre en considération la pénibilité du métier d’enseignant.

 

Qu’en est-il du remplacement ? Dans les écoles à classe unique, il a lieu dès le premier jour, ce qui s’avère parfois problématique. Dans les écoles à encadrement différencié, dès le cinquième jour, dans les écoles fondamentales après sept jours, et en secondaire après dix jours. Ces remplacements se font en fonction des délais mais aussi des matières, des thématiques et des endroits géographiques. Cela peut se révéler complexe mais aucune information particulière ne m’est parvenue sur une difficulté excessive ou plus importante que par le passé.

 

 

M. Gilles Mouyard (MR). – J’imagine que les organisations qui ont établi et fourni ces données sont bien informées, mais un contact direct avec elles permettrait de confronter leurs méthodes et critères de calcul. J’aimerais avoir des éléments plus précis pour faire la part des choses entre les chiffres que vous avancez et ceux repris quasi unanimement par la presse et qui sont différents des vôtres.

 

Quelle est l’explication d’une telle différence ? Je souhaitais simplement attirer votre attention sur ce phénomène, Madame la Ministre.

 

 

Mme Annick Saudoyer (PS). – Je remercie la Ministre pour les chiffres rassurants qu’elle vient de communiquer. Malheureusement, comme je le disais au début de mon intervention, quand de mauvais chiffres sont donnés, cela ternit l’image des enseignants, et c’est regrettable.

annick-site6Voici la question orale posée lors de la séance du Parlement de la Communauté française du mardi 17 novembre 2009 à  Mme Fadila Laanan, Ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Egalité des Chances, relative à la « prévention du parasite transmis par le renard, susceptible de provoquer l’échinococcose alvéolaire humaine ». Vous y trouverez également la réponse de la Ministre Laanan et la discussion qui a suivi.

Mme Annick Saudoyer (PS). – Interpellée par un article publié récemment par les quotidiens du groupe Sud Presse, relatif à un parasite transmis par le renard dans nos contrées et provoquant l’échinococcose alvéolaire qui peut s’avérer mortelle pour l’homme, j’ai effectué quelques recherches afin de voir si des mesures devaient, pouvaient ou étaient prises et par quelle autorité.

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En résumé, ce parasite transmissible aux animaux domestiques et à l’homme est surtout véhiculé par le renard. Or, depuis l’éradication de la rage, cet animal a fait son retour en force dans nos régions, y compris dans le milieu urbain de la Région bruxelloise.

Selon l’article évoqué, en 2008, sur 5.258 renards piégés dans le Nord de la France, 67 % étaient contaminés par le virus. La seule étude menée sur la question en Région wallonne remonte à 2003 où 41 % des 178 renards abattus étaient atteints.

Bien sûr, je ne vais pas interroger la ministre sur l’opportunité de chasser l’animal ou de procéder à une limitation de la progression de sa population, mais sur la prise de conscience des risques et les mesures éventuelles à prendre à l’égard de certains groupes qui pourraient être confrontés à ce parasite. Je pense aux agriculteurs, aux gardes-chasse et aux chasseurs, mais aussi à toutes les personnes ayant des activités ou des loisirs en forêt ou résidant à proximité de forêts. En effet, outre le renard, les baies, les pissenlits ou les champignons ramassés dans les bois constituent aussi des véhicules de transmission. La contamination passe par l’ingestion d’œufs de parasites lors de contacts directs avec des animaux infectés ou lors de contacts indirects, c’est-à-dire via les excréments de ces animaux souillant des végétaux.

Aussi convient-il de s’assurer que des moyens sont ou seront développés pour assurer une information et une prévention optimales afin d’éviter un phénomène épidémiologique qui peut encore, à ce stade, être enrayé. Rappelons qu’il s’agit d’un parasite dangereux, puisque lorsqu’il s’attaque à l’homme, il détruit le plus souvent le foie, mais peut aussi se diffuser dans les poumons ou le cerveau et ce, bien souvent des années après l’ingestion des œufs. À l’instar du cancer, il n’existe aucun symptôme préalable et lorsque la maladie se déclare, il est quasiment trop tard.

L’Institut fédéral de santé publique a publié sur son site une cartographie de l’échinococcose qui date de 1999. Elle ne recense pas d’infestation particulière en Région wallonne, mais l’évolution de la population des renards nécessiterait une actualisation de la carte. Il est indiqué que, selon les chiffres disponibles, le nombre de cas est encore très faible, une quinzaine depuis 1999. Il y a tout lieu de s’en réjouir – mais je n’y crois pas trop –, d’autant qu’il n’existe à ce stade aucun vaccin.

Toutefois, puisque dix à quinze ans peuvent s’écouler entre l’infection et les premiers signes cliniques et qu’un diagnostic précoce peut être établi par un simple test remboursé par l’Inami, je pense qu’il faut se coordonner avec l’ensemble de vos collègues concernés, des niveaux fédéral, régional et même communal, afin de veiller à sensibiliser les personnes-ressources.

photo-renard-site-laanan-2Il faut également veiller à diffuser les consignes lues sur le site de l’Institut, au-delà du seul plateau ardennais, comme porter des gants à usage unique et un masque pour manipuler les renards et autres animaux infectés, vivants ou morts, ainsi que leurs excréments, éviter de consommer des légumes crus provenant de jardins accessibles à des renards ou des fruits sauvages crus provenant d’un endroit potentiellement souillé par des renards infectés. Je rappelle que le lavage ne suffit pas et que la congélation ne tue pas le parasite. Il faut absolument cuire les aliments, selon des modalités strictes que je n’énumérerai pas ici. Il faut également se laver les mains à l’eau chaude et au savon après tout travail impliquant un contact avec de la terre potentiellement contaminée ou après avoir brossé ou caressé un chien ou un chat ayant séjourné dans une région à risque, sachant que désormais toutes les régions sont à risque. On recommande aussi de vermifuger toutes les quatre semaines avec un médicament actif sur ce parasite, tel le Praziquan, les chiens et les chats vivant dans une région potentiellement à risque.

Pouvez-vous me donner plus d’informations sur les mesures mises en œuvre par la Communauté française ?

Partagez-vous le point de vue selon lequel, sans être alarmiste, bien sûr, il importe de se pencher sur le sujet ?

laananRéponse de Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances. – Comme le précise Mme Saudoyer, les cas d’échinococcose sont heureusement très rares car il s’agit d’une maladie potentiellement grave. Sur la base des statistiques disponibles, une quinzaine de cas ont été recensés depuis 1999. La maladie concerne essentiellement les personnes qui ont une activité agricole ou forestière : les agriculteurs, les gardes-chasses, les chasseurs et les randonneurs. Les informations relatives à cette maladie et à son mode de contamination ainsi qu’à la localisation des renards infectés sont facilement accessibles, notamment sur le site Internet de l’Institut scientifique de santé publique.

Compte tenu du fait que cette maladie est rare et surtout qu’elle ne touche que des publics très particuliers, il n’a pas semblé utile que la Communauté française mène des campagnes d’information à destination du grand public. Par contre, il faut effectivement bien informer certaines catégories de personnes, notamment les professionnels du milieu forestier et les chasseurs qui fréquentent des zones de contamination endémique. Il existe aussi une localisation de renards infectés dans des zones spécifiques, notamment dans les Ardennes. Les personnes susceptibles d’être contaminées dans ces zones sont censées être informées, notamment par toute la littérature spécifique : les journaux professionnels, les revues, les notes de service destinées à ces publics.

Vous avez sans doute interrogé M. Benoît Lutgen, ministre de l’Agriculture de la Région wallonne. Pour ma part, j’ai pris contact avec ma collègue, Mme Huytebroeck, qui compte, parmi ses compétences, les politiques de la jeunesse. En effet, les scouts, sans être initialement un public cible, pratiquent certaines de leurs activités en forêt.

Avec Mme Huytebroeck, nous allons chercher les moyens d’informer les publics visés, sans dramatiser la situation, car, même s’il s’agit d’une maladie grave, seuls quinze cas ont été diagnostiqués. Peut-être les organisations de jeunesse, par le biais de leurs publications, pourraient-elles transmettre cette information.

Les questions qui me sont posées dans cette commission sont toutes pertinentes. Toutefois, l’enveloppe budgétaire de la Communauté française ne lui permet pas d’assurer des campagnes d’information et de prévention pour toutes les questions de santé. Mais il est exact que, dans le cas présent, d’autres publics que les professionnels de la forêt pourraient être contaminés.

J’espère vous avoir montré notre bonne volonté. Nous cherchons le moyen de toucher les publics cibles, comme dans le cas du dépistage du cancer colorectal. Les campagnes d’information et de prévention de la santé doivent être menées là où évoluent les publics visés.

 

Mme Annick Saudoyer (PS). – Je vous remercie de considérer cette question avec sérieux, madame la ministre. Je le répète, si les cas sont encore rares, nous savons que le renard prolifère. En Wallonie picarde, d’ailleurs, on découvre des renards écrasés sur les routes, ce qui n’était pas le cas jusqu’ici.

Les zones à risque sont donc de plus en plus larges. Les scouts ne sont pas les seuls concernés. Pensons aux classes vertes ou aux cueilleurs de champignons. Or, des conditions de cuisson strictes doivent être respectées pour tuer les larves de ce parasite.

Il conviendrait donc que vous preniez contact avec Mme Onkelinx pour que les médecins soient sensibilisés à la question et au dépistage de cette parasitose.

 

annick

Le 21 septembre dernier, un drame brutal et tragique s’est produit à Woluwe-Saint-Lambert. Junior, âgé de 19 ans, a froidement tué sa petite fille âgée d’un an et demi et la grand-mère de sa compagne. Le jeune homme venait de bénéficier d’une permission de sortie de l’IPPJ de Wauthier-Braine où il était placé pour une affaire de meurtre d’un pianiste commis l’an dernier.
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Le jeudi 24 septembre, soit quelques jours après ce drame, Annick Saudoyer a eu l’occasion de déposer une « question d’actualité » à madame Evelyne Huytebroeck, Ministre de la Jeunesse, sur les circonstances précises de ce drame familial.

Voici son intervention au Parlement de la Communauté française :

Madame la Ministre,

Nous sommes malheureusement encore une fois aujourd’hui confrontés à une situation familiale dramatique.

Je voudrais, Madame la Ministre, avoir d’abord une pensée que je sais partagée par tous ici, pour les victimes et leurs familles.

Je ne reviendrai pas sur les faits tragiques de cette actualité, je voudrai juste relever que l’auteur de ce double crime est un jeune homme âgé de 19 ans qui venait de bénéficier d’une permission de sortie de l’IPPJ de Wauthier-Braine où il était placé pour une affaire de meurtre commis l’an dernier. Il était d’ailleurs en passe d’être renvoyé devant les juridictions pour adultes pour ce précédent crime.

Mes questions sont les suivantes :

  1. Pourriez-vous nous faire le compte-rendu de tous vos contacts pris et singulièrement avec les membres de l’IPPJ de Braine-Wauthier ?
  2. Avez-vous prévu un encadrement psychologique pour le personnel de l’IPPJ qui est en état de choc et qui a besoin lui aussi d’être soutenu suite à cet événement imprévisible ? Il me semble en effet important que cet aspect des choses ne soit pas négligé.
  3. Enfin, dans la presse, vous avez indiqué que l’administration réfléchit depuis longtemps à un « plan opérationnel » ayant pour objectif de mettre en place un outil d’analyse plus fin permettant d’évaluer les effets des mesures prises dans les différents centres ouverts et/ou fermés. Pourriez-vous nous informer quant à ce projet ? Quel est son état d’avancement ?

Je vous remercie, Madame la Ministre, pour les éléments d’information que vous pourrez m’apporter.