Depuis qu’elle fait de la politique, la députée-échevine Annick Saudoyer a toujours combattu avec force les inégalités entre les hommes et les femmes. Chaque année, elle boude donc le traditionnel rassemblement du convent des Baillis qui est organisé durant le week-end des Hurlus et qui n’est ouvert… qu’aux hommes ! Avec ses collègues féminines du Collège mouscronnois, elle a décidé d’interpeller le Grand Maître de l’Ordre des Baillis à ce sujet.
Mouscronnoise pure souche, la députée-échevine Annick Saudoyer adore la fête des Hurlus ! On a notamment pu la voir, pleine d’énergie, début du mois, au moment de jeter les fameuses poupées à l’effigie d’Hurlus dans la foule, depuis le balcon de l’hôtel de ville ou d’un appartement de la Rénovation urbaine (les photos de cet événement sont disponibles dans la rubrique « Mes Photos »).
Du cortège des allumoirs du vendredi soir à l’open de pétanques étalé sur tout le week-end, en passant par le cortège historique du samedi et les nombreuses autres activités proposées, Annick aime tout de ce week-end. Tout ou presque !
Chaque année, l’un des rendez-vous de ce week-end toujours haut en couleurs lui reste en travers de la gorge : le traditionnel rassemblement du convent des Baillis, qui a lieu le dimanche.
Si elle apprécie le fait que des Mouscronnois soient mis à l’honneur pour leurs actions et leurs qualités diverses et variées, la députée-échevine ne supporte pas que les femmes ne soient pas conviées à la fête !
Lorsqu’elle a présenté les sept ambitions du PS à la presse, il y a quelques jours, Annick et son équipe ont indiqué qu’ils allaient prôner toujours plus d’égalité entre les hommes et les femmes. C’est dans cette optique qu’elle a décidé d’interpeller le Grand Maître de l’Ordre des Baillis, Roby Van Daele. Voici le texte du document en question, notez qu’il a été cosigné par l’ensemble des représentantes féminines du Collège hurlu:
« La fête des Hurlus ne serait pas ce qu’elle est sans le traditionnel rassemblement du convent des Baillis. Qu’il nous soit ici permis de vous féliciter pour la qualité de la cérémonie du 2 octobre dernier et pour le choix, toujours judicieux, des personnes qui sont mises à l’honneur. Néanmoins, nous les dames du collège communal mouscronnois, regrettons qu’une fois encore aucune femme n’ait été admise au sein de l’Ordre. Certes, les Baillis mettent à l’honneur de jeunes talents féminins (ce fut encore le cas avec Fanny Lecluyse cette année), mais aucune dame n’a, à ce jour, été intronisée. Ne pensez-vous pas qu’au XXIe siècle il serait relevant d’accueillir des dames au sein de votre assemblée ? L’égalité entre les sexes est un fait incontestable et il nous apparaît que cette égalité doit aussi se traduire au sein d’un Ordre qui entend porter haut les couleurs de la ville de Mouscron ».
Mme Saudoyer s’étonne de cette différence qui est faite entre les hommes et les femmes. Une dame se présentant comme épouse de Bailli a d’ailleurs confirmé sur le profil Facebook de la députée : « S’il y a bien une chose qui m’a toujours énervée, c’est cette discrimination sexuelle. Au repas des Baillis, les épouses sont invitées, mais dans une pièce à part ou dans un coin à part comme cette année. C’est profondément vexant et c’est d’ailleurs la raison de ma non-participation à ces festivités », a tenu à signaler cette dernière.
Roby Van Daele, le Grand Maître, n’a pas tardé à répondre à la lettre envoyée par les dames du Collège, signalant que l’ouverture de l’Ordre à la gent féminine ferait prochainement l’objet d’un débat interne.
« Pour être Bailli d’honneur de la ville de Mouscron, il faut satisfaire à deux critères. Il faut d’abord être un bon Mouscronnois, dévoué à sa ville et/ou à sa région, lui consacrer du temps libre et ensuite être bon vivant, éclectique, sociable et représenter dignement sa ville », a répondu Roby Van Daele. « Nulle raison donc, autre que la Tradition, de réserver cet honneur à la frange dite ‘forte’ de notre population. Désormais, foi de Grand Maître, il y aura débat entre Tradition et Raison parmi les 13 Baillis titulaires de notre Ordre ».
Annick Saudoyer et les autres échevines mouscronnoises espèrent donc que la raison l’emportera. Cependant, si la réponse de l’Ordre venait à être négative, elles s’engagent à mettre sur pied une cérémonie similaire… mettant exclusivement à l’honneur les dames méritantes de la cité cette fois. Non, mais!



































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