Voici les questions orales posées par M. Gilles Mouyard et moi-même lors de la séance du Parlement de la Communauté française du mercredi 16 décembre 2009 à Mme Marie-Dominique Simonet, Ministre de l’Enseignement obligatoire et de Promotion sociale, relative à « l’absentéisme des enseignants« . Vous trouverez également la réponse de la Ministre Simonet à nos interrogations.
M. Gilles Mouyard (MR). – Nous avons appris par la presse que le taux d’absentéisme était élevé parmi les enseignants. On évoque le chiffre de plus de 1,5 million de jours d’absence cumulés sur l’année 2009. En outre, ce chiffre est en hausse de 4,5 % depuis 2007. Le taux annuel est de 7 %, ce qui est supérieur à beaucoup d’autres secteurs.
Cette information a été diffusée, notamment par les syndicats. Parmi les raisons évoquées figurent les conditions de travail, le stress, le mal-être des enseignants. J’imagine qu’avec cette annonce, les syndicats ont souhaité transmettre un message… Peut-être ont-ils déjà tenté d’en discuter avec vous, madame la ministre, sans recevoir de réponse.
Je connais nombre d’enseignants qui ne sont plus très heureux dans leur métier. Ils se considèrent mésestimés dans une profession qui n’est pas aussi respectée qu’elle devrait l’être.
On ne peut dédouaner le monde politique d’une telle situation – sauf vous, peut-être, qui venez d’entrer en fonction –, car beaucoup de décisions regrettables ont été prises dans le passé. Nous sommes à l’aube d’un grand débat sur la question, nécessaire pour l’avenir de notre enseignement.
Confirmez-vous les chiffres cités ?
Aviez-vous pris contact avec les syndicats avant la publication de ces chiffres ?
Mme Annick Saudoyer (PS). – J’ai pu lire les mêmes chiffres dans la presse. Un tel article donne une image négative du corps enseignant et je le regrette. L’enseignement est un métier difficile et je ne voudrais pas que l’on formule des conclusions hâtives.
L’absentéisme a toujours été légèrement plus élevé dans l’enseignement que dans les autres professions. Cette fois, cependant, les mois de septembre, octobre et novembre ont enregistré une hausse très marquée de 41 %. Il est vrai que ce métier est pénible et que les conditions de travail ne sont pas toujours excellentes.
Comment analysez-vous les montants publiés dans les médias, Madame la Ministre ? La hausse enregistrée au cours de ces trois mois marque-t-elle une tendance générale ou s’agit-il d’un fait exceptionnel ?
Quelles mesures envisagez-vous pour abaisser ce taux d’absentéisme ?
En tant qu’ancienne préfète, je sais que le remplacement des enseignants malades est un réel problème pour les directions d’école. Au cours de ces trois derniers mois, les remplacements ont-ils donné lieu à des difficultés particulières ?
Réponse de Mme Marie-Dominique Simonet, Ministre de l’Enseignement obligatoire et de Promotion sociale. – Je tiens à vous exposer les chiffres réels des absences pour maladie des enseignants. Depuis août 2008, la société Mensura gère le contrôle médical et les absences de ces derniers.
Pour les onze premiers mois de 2009, on comptabilise 1.364.399 jours d’absence. Pour décembre, les statistiques n’étant pas disponibles avant la fin du mois, on a fait une estimation à partir de la moyenne des absences de décembre des dix dernières années, ce qui donne quelque 140.000 jours. Ce calcul a permis d’établir le nombre total de jours d’absence pour 2009 qui s’élève à 1.505.000, chiffre inférieur aux 1.512.000 jours qui correspondent à l’année 2007 et aux prévisions pour 2009, qui étaient de 1.579.000 jours.
Voici dix ans, en 1999, le taux d’absentéisme atteignait 1.941.327 jours. Par rapport à cela, nous connaissons une diminution de 22 % et j’en suis heureuse. Je reconnais qu’enseigner est éprouvant et les enseignants nous font part régulièrement de leurs difficultés. Le taux d’absentéisme n’est toutefois pas en augmentation de 41 %, comme certains l’ont affirmé, mais plutôt en diminution, ce qui n’exclut pas de prendre en considération la pénibilité du métier d’enseignant.
Qu’en est-il du remplacement ? Dans les écoles à classe unique, il a lieu dès le premier jour, ce qui s’avère parfois problématique. Dans les écoles à encadrement différencié, dès le cinquième jour, dans les écoles fondamentales après sept jours, et en secondaire après dix jours. Ces remplacements se font en fonction des délais mais aussi des matières, des thématiques et des endroits géographiques. Cela peut se révéler complexe mais aucune information particulière ne m’est parvenue sur une difficulté excessive ou plus importante que par le passé.
M. Gilles Mouyard (MR). – J’imagine que les organisations qui ont établi et fourni ces données sont bien informées, mais un contact direct avec elles permettrait de confronter leurs méthodes et critères de calcul. J’aimerais avoir des éléments plus précis pour faire la part des choses entre les chiffres que vous avancez et ceux repris quasi unanimement par la presse et qui sont différents des vôtres.
Quelle est l’explication d’une telle différence ? Je souhaitais simplement attirer votre attention sur ce phénomène, Madame la Ministre.
Mme Annick Saudoyer (PS). – Je remercie la Ministre pour les chiffres rassurants qu’elle vient de communiquer. Malheureusement, comme je le disais au début de mon intervention, quand de mauvais chiffres sont donnés, cela ternit l’image des enseignants, et c’est regrettable.

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