Voici les questions orales posées par M. Yves Reinkin et moi-même lors de la séance du Parlement de la Communauté française du mercredi 27 janvier 2010 à Mme Marie-Dominique Simonet, Ministre de l’Enseignement obligatoire et de Promotion sociale, relative au « rapport de l’inspection pédagogique ». Vous trouverez également la réponse de la Ministre Simonet à nos interrogations.
M. Yves Reinkin (ECOLO). – Les articles de presse consacrés au rapport de l’inspection pédagogique ont été assez durs : « Le bulletin calamiteux de l’école francophone », « Le coup de règle de l’inspection », « L’inspection cabre les enseignants ». Si l’on parle bien de l’école francophone et non des enseignants qui feraient mal leur travail, ceux-ci ont néanmoins très mal réagi. Ainsi certains d’entre eux estimaient que l’inspection les avait salis et qu’elle avait oublié la réalité et les difficultés du métier.
Les mots sont lourds de sens. C’est même parfois un peu surprenant car, quand on lit tout le rapport de l’inspection, on se rend compte que, si des pratiques de notre enseignement peuvent être améliorées, il existe aussi pas mal de choses positives. En outre, les enseignants sont à l’écoute des remarques et sont prêts à en tenir compte.
Il ne faut pas de jeter de l’huile sur le feu. Face à cette tension dont l’école n’a absolument pas besoin, comptez-vous faire en sorte, madame la ministre, que ce que nous considérons comme un malentendu puisse être réglé entre les représentants de l’enseignement et l’inspection ? Estimez-vous utile d’organiser une rencontre pour dissiper le malaise ?
Mme Annick Saudoyer (PS). – Je ne reviendrai pas sur les propos de M. Reinkin et sur les articles de presse. Il est vrai que la mise en place des outils d’évaluation est assez lente. Ils sont certes récents et il faut laisser du temps pour que leurs effets se fassent ressentir sur le terrain. Ils sont toutefois très importants pour évaluer le niveau de nos jeunes. Comme on l’indique dans la Déclaration de politique communautaire, il existe d’ailleurs une demande expresse des services de l’inspection. Cette année, l’organisation des épreuves d’évaluation en sciences en 4e année secondaire a pourtant été annulée, c’est regrettable.
Quelles mesures prendrez-vous éventuellement, madame la ministre, pour utiliser au mieux ces outils d’évaluation que je trouve excellents ? Pourrait-on prendre des mesures pour encore davantage articuler le travail des inspecteurs, des inspectrices et des enseignants ? Ne faudrait-il pas des ressources supplémentaires ?
Mme Marie-Dominique Simonet, ministre de l’Enseignement obligatoire et de promotion sociale. – Je vous remercie de me donner l’occasion de reparler de ce rapport. Depuis l’entrée en vigueur de notre décret sur l’inspection, c’est la première fois que les services de l’inspection dressent un rapport global, rapport que nous ne devons pas craindre.
Ce rapport met en évidence de bonnes pratiques et de nombreux éléments positifs mais aussi des hésitations ou des manquements. Il n’est pas lénifiant mais, quand nous voyons les indicateurs de l’enseignement, nous n’avons pas besoin de rapport complaisant. Du reste, ce document souligne la volonté de nos enseignants de s’améliorer et de bénéficier d’un accompagnement.

Chaque fois qu’une mission d’inspection a eu lieu, elle a été suivie d’une communication adressée aux enseignants par l’intermédiaire de la direction de l’établissement. Lorsque des manques ont été constatés, les équipes sur le terrain ont travaillé avec les conseillers pédagogiques. Quand l’inspection est revenue six ou sept mois plus tard, elle a constaté une amélioration.
C’est dans cette dynamique que nous nous plaçons. Les évaluations externes font partie des outils d’évaluation dont vous souligniez l’importance et permettent de renforcer l’auto-évaluation des enseignants. Ceux-ci ont surtout besoin de sérénité pour travailler et d’un accompagnement afin de relever les défis.
Le rapport a été présenté à la commission de pilotage, composée entre autres de représentants des organisations syndicales, et selon les informations que j’ai reçues, ce rapport a été apprécié à l’unanimité.
M. Yves Reinkin (ECOLO). – Comme vous l’avez indiqué, ce rapport a l’avantage de distinguer les difficultés mais aussi les bonnes pratiques. Il faut renforcer la dynamique de responsabilisation des acteurs au lieu de les culpabiliser.
Cela étant, je ne peux que vous inviter à les réunir à nouveau dès que possible afin d’éviter de nouveaux malentendus que les médias n’hésiteront pas à relayer.
Mme Annick Saudoyer (PS). – La réforme des inspections est récente. Il faut donc laisser le temps agir et rassurer les enseignants qui accomplissent un travail formidable. Ils ne doivent en effet pas voir ce rapport comme une punition, les pratiques intéressantes y sont également mentionnées.

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