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Voici la question orale posée lors de la séance du Parlement wallon du mardi 9 novembre 2010 à M. Jean-Marc Nollet, Ministre du Développement durable et de la Fonction publique, sur « les toitures végétales ». Vous trouverez également la réponse apportée par le Ministre Nollet.

 

Mme Annick Saudoyer (PS). – Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, chers collègues, qu’il s’agisse de toits recouverts d’une simple couche de mousse ou de véritables jardins aériens, les toitures végétales ou végétalisées ont en effet de plus en plus de succès auprès des entreprises ou des particuliers.

De nombreuses expériences conduites en Allemagne, aux Pays-Bas, en Suisse ou dans les pays scandinaves, et seulement depuis peu chez nous en Belgique ou encore en France, ont démontré que l’aménagement de ce genre de toit écologique pouvait se révéler très intéressant.

Que pensez-vous de ces fameuses toitures végétales ? Disposez-vous de statistiques concernant l’installation de ces toitures particulières ?

Est-il exact que la Région wallonne n’attribuerait aucune prime pour l’installation de ce type de toiture, contrairement à ce qui se fait en Flandre ou dans la Région de Bruxelles-Capitale. La Région wallonne envisagerait-elle une prime dans un avenir proche ou lointain ?

Comment la Région wallonne pourrait-elle encourager ce procédé ?

 

Réponse de M. Jean-Marc Nollet, Ministre du Développement durable et de la Fonction publique. – Je me réjouis de constater que certaines démarches liées à la construction durable font leur chemin et peuvent désormais être portées à la connaissance de tous. Il est un fait que ce mouvement s’est fortement accéléré depuis 2000 environ. Mais il ne s’agit pourtant pas là d’une innovation, même en Wallonie, puisque ces toitures s’y installent depuis maintenant plus de 25 ans. J’en profite d’ailleurs pour vous préciser que la plus grande toiture végétale extensive à ma connaissance a été posée en 2003, non pas en Flandre ou en Région Bruxelloise, mais sur la station d’épuration d’lGRETEC située à Montignies-sur-Sambre … Elle couvre 17.000 mètres carrés.

Ces toitures végétales, lorsqu’il ne s’agit pas « d’une simple couche de mousse », présentent de nombreux avantages. Ces toitures végétales sont particulièrement indiquées dans un environnement urbain.

Néanmoins, une toiture végétale ne résout pas à elle seule toutes les difficultés. Si l’isolation thermique est quelque peu améliorée par rapport à une toiture traditionnelle, elle n’est toutefois pas suffisante et la pose d’une isolation thermique complémentaire est impérative. Dans le cas d’une toiture « verte », il est indispensable de l’isoler avant d’installer les différentes couches qui composent la toiture végétale. Il est recommandé de choisir l’option toiture « chaude », c’est-à-dire que l’isolant se trouve sur le support et sous l’étanchéité. L’épaisseur minimale recommandée pour isoler est de 14 centimètres et l’isolant doit posséder une résistance à la compression adaptée à la charge permanente de la toiture.

Concernant l’opportunité de subsidier ce type d’installation, il est nécessaire de rappeler que dans le cadre de la prime à la réhabilitation, dont le but premier est de lutter contre l’insalubrité, seul le remplacement d’une toiture insalubre peut être subsidié. Si la nouvelle toiture est une toiture végétale et si elle est isolée en respectant la norme imposée par la réglementation, elle peut donc bénéficier d’une prime à condition qu’elle remplace une toiture insalubre.

Si son coût s’avère nettement plus élevé que celui d’une toiture « classique », le montant de la prime octroyée pour son installation pourrait toutefois être limité en application des dispositions figurant à l’article 3 de l’arrêté ministériel du 22 février 1999.

Enfin, dans le cadre des primes du fond énergie de la Région wallonne, seule l’isolation thermique d’un bâtiment existant peut recevoir une prime, quelque soit la structure et la couverture de sa toiture.

Un dernier avantage de la toiture végétale, qui à mon sens, en fait non seulement un produit écologique, mais également durable, c’est que cette couche végétale permet de protéger l’étanchéité du soleil dont le rayonnement ultraviolet durcit et dégrade les matériaux. Avec une couverture végétale, l’étanchéité est à l’abri du soleil. Sa durée de vie est multipliée, ce qui compense largement l’investissement d’une toiture végétale. Ne pas devoir remplacer son étanchéité après 20 ans représente une économie de matières premières et de frais non négligeable.

 

Mme Saudoyer (PS). – Vous prêchez une convaincue, Monsieur le Ministre, parce qu’étant échevine de l’environnement entre 1994 et 2000, j’ai mis en place une cellule environnement et nous avons construit un bâtiment dans lequel se trouve toujours cette cellule environnement et ce bâtiment a une toiture végétale, mais je trouve que cela n’a pas encore beaucoup d’essor. Donc, voilà aussi l’intérêt que je voulais porter à ce type de couverture.