Voici la question orale posée lors de la séance du Parlement wallon du lundi 3 mai 2010 à M. Benoît Lutgen, Ministre des Travaux publics, de l’Agriculture, de la Ruralité, de la Nature, de la Forêt et du Patrimoine, sur « les réponses à apporter aux motocyclistes en matière de sécurité ».
Mme Annick Saudoyer (PS). – Madame la Présidente, Monsieur le Ministre, chers Collègues, j’ai déjà écouté attentivement la question de M. Miller et la réponse de M. le Ministre. Il a déjà partiellement bien répondu à ma question, sauf que les motards représentent une catégorie d’usagers particulièrement vulnérables dans la circulation. Une chute ou un accident à moto, ça ne pardonne pas ! Quand une voiture se prend un nid-de-poule, le conducteur en est quitte pour quelques dégâts matériels et une belle facture.
Pour faire court, on a recensé, en 2008, 3.459 accidents impliquant des motocyclistes ou des motards. Je sais, je vous ai entendu, l’effort sera fait pour améliorer l’état de nos routes. Encore une fois, je dis que les motards sont plus sensibles aux dégâts.
Je voudrais simplement vous demander, Monsieur le Ministre, si vous avez pris des initiatives un peu plus précises pour la sécurité des motards, en ajoutant bien sûr que la première sécurité, c’est de respecter le code de la route, bien sûr.
Réponse de M. Benoît Lutgen, Ministre des Travaux Publics, de l’Agriculture, de la Ruralité, de la Nature, de la Forêt et du Patrimoine. – Je sais effectivement que chacun dans son entourage en a pu être touché d’une façon ou d’une autre, par des réalités d’accident de motards. Je suis motard moi-même. Donc, je me rends compte de la réalité du danger que cela peut représenter de par la qualité effectivement des infrastructures, de par les aménagements aussi qui doivent être adaptés à la réalité aussi des motards dans notre Région.
En plus, cela rejoint en partie la question de M. Miller, 15 % des tués sur nos routes sont des motards. C’est vrai qu’un incident en voiture devient parfois et souvent une catastrophe à moto. Le moindre incident peut se transformer en drame pour un motard. D’où évidemment l’importance de pouvoir travailler sur différents plans.
Premier plan, c’est la prévention. Nous avons des associations qui sont de qualité. Je pense à Fédémot, notamment, qui fait un travail important en termes de formation à la conduite, mais aussi qui a fait un travail extraordinaire, je n’ai pas peur de le dire, de recensement de toute une série d’endroits dangereux pour les motards au niveau de la Région wallonne, qui ont permis d’intervenir et d’avoir des investissements, notamment en matière de glissières de sécurité adaptées, etc., dans des endroits spécifiquement dangereux pour les motards. Ce sont déjà des investissements qui sont en cours. Par rapport à des marquages au sol qui sont parfois un peu plus dangereux sur route un peu plus humide, même chose, le travail a été réalisé par Fédémot, en collaboration avec l’Administration que je remercie aussi pour le travail. Il y a un « Monsieur Moto » maintenant dans chaque direction, au niveau de la Wallonie. Je crois que les choses doivent encore être accentuées en la matière. Ces dernières années, plus de cinquante kilomètres de glissières ont été aménagés. C’est ce qu’on appelle les lisses. Par ailleurs, j’ai soutenu, même si c’est une participation modeste, une campagne spécifique pour les motards en me joignant à l’IBSR pour un montant de 30.000 euros. Nous sommes la seule Région à avoir soutenu l’IBSR dans ce domaine.

Au-delà de tout cela, j’ai expliqué à M. Miller, puisqu’il m’en a donné l’occasion, ce sont les priorités, je ne vais pas répéter ce que j’ai dit, sur la sécurité et autres, avec cet axe spécifique évidemment pour les motards dans notre Région.
Cette hiérarchisation, cette planification des travaux, permet d’avoir l’objectivation la plus forte possible et d’avoir aussi des aménagements qui tiennent compte de la réalité de l’ensemble des usagers, bien sûr des automobilistes, mais aussi des motards, des cyclistes, des piétons à certains endroits sur l’ensemble de notre réseau pour au maximum que les infrastructures soient les plus adaptées possibles, les plus sécurisées possibles.
Il est – et croyez bien que je prends cela de façon très sérieuse – particulièrement interpellant, pour ne pas dire autre chose, de constater, que ce soit sur voirie régionale, voirie communale, qu’une infrastructure est à l’origine d’un accident, ou pourrait être à l’origine d’un accident.
J’ai apprécié votre modération en disant qu’on doit adapter la vitesse aussi en fonction de la réalité de la qualité du réseau, et que la plupart des accidents dans notre Région sont dus à des aspects liés à la fatigue, à l’alcool, à la drogue, à la vitesse ou à l’association de plusieurs de ces facteurs aggravants concomitamment.
Chaque fois que l’infrastructure peut être mise en cause, il en va de notre responsabilité – de la mienne singulièrement – de pouvoir réagir, de pouvoir adapter la réalité de ces infrastructures pour les motards aussi, avec des aspects très spécifiques. C’est pour cela que les « Monsieur Moto » sont repris.
Par ailleurs, dans le Conseil supérieur wallon de la sécurité routière – je le dis en même temps à M. Dupriez puisqu’il s’y est intéressé à plusieurs reprises – Fédémot et toute une série d’associations seront reprises. Leur rôle sera de faire des propositions concrètes, les plus concrètes possibles pour avancer, pour suivre les dossiers et d’avoir un contact direct entre moi-même et eux pour améliorer la situation sur l’ensemble du réseau pour les motards. Et ce qu’on fait pour les motards sert aussi, évidemment, pour d’autres au travers des investissements.
Mme Annick Saudoyer (PS). – Je vous l’avais dit que j’avais déjà bien écouté sa réponse qui avait été complète. Au niveau de la sécurité, que ce soit pour les automobilistes ou les motards, bien sûr, cela dépend de l’état des routes mais je pense aussi que c’est une solution au problème de mobilité.
J’ai moi-même un fils qui fait aussi de la moto et j’en fais occasionnellement mais je suis quand même inquiète quand il part en moto du fait de l’état des routes. Je l’influencerais à prendre sa moto si les routes le permettaient, si elles étaient en bon état, parce que je sais que c’est une solution aux différents problèmes de mobilité qu’on rencontre dans les grandes villes ou les villes moyennes.
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