Voici la question orale posée lors de la séance du Parlement de la Communauté française du mardi 27 avril 2010 à Mme Fadila Laanan, Ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Egalité des Chances, intitulée « Sensibilisation et accès aux différentes méthodes de contraception ». Vous y trouverez également la réponse de la Ministre Laanan.
Mme Annick Saudoyer (PS). – Lors d’une précédente séance de cette commission, vous avez fourni à mes collègues des réponses très complètes à leurs questions sur les grossesses précoces et la parentalité juvénile. Je souhaiterais aujourd’hui en savoir plus sur la sensibilisation et l’accès aux différentes méthodes de contraception.
La contraception concerne une partie importante de la population et l’information doit donc être diffusée à tous, que ce soit par une communication ciblée en fonction des publics ou d’une manière plus générale. La grossesse non désirée peut provoquer des situations problématiques aussi bien chez les plus jeunes que chez les plus âgées.
Les deux modes de contraception les plus courants sont le préservatif et la pilule contraceptive. Le préservatif est le seul à protéger contre les maladies sexuellement transmissibles. Il doit donc être privilégié.
Il existe d’autres méthodes, moins répandues : le stérilet, le patch contraceptif, l’implant, l’anneau vaginal, le préservatif féminin. Pour les femmes ayant eu un rapport sexuel sans utiliser l’un de ces procédés, il y a même la pilule du lendemain, efficace au maximum 72 heures après le rapport à risque, ou encore la pilule du surlendemain, efficace cinq jours après le rapport sexuel.
Les possibilités sont donc multiples mais il n’existe pas de contraception idéale. Chaque femme privilégiera la méthode qui lui convient le mieux selon son mode de vie. Encore faut-il connaître toutes les possibilités et toutes les conséquences.
Les hommes sont également concernés. Il n’y a pas que le préservatif. L’homme peut par exemple subir une vasectomie. Cette stérilisation masculine est une opération chirurgicale mineure qui consiste à bloquer ou à couper les canaux déférents qui transportent les spermatozoïdes à partir des testicules. Cette opération ne modifie en rien la fonction sexuelle puisque les spermatozoïdes ne représentent que trois pour-cent du volume global du sperme, qui est produit par les glandes séminales, situées bien au-dessus des ligatures.
La vasectomie ne prend qu’une vingtaine de minutes sous anesthésie locale ou générale, au choix du patient. La durée de la convalescence est très réduite. L’opération est toutefois irréversible. Si la stérilité n’est pas immédiate, elle devient permanente par la suite. La vasectomie est donc déconseillée aux patients qui ne sont pas sûrs de leur décision, trop jeunes ou ne pouvant donner leur consentement éclairé.
Tout le monde connaît le préservatif et la pilule contraceptive. Estimez-vous que les autres moyens de contraception sont suffisamment connus du plus grand nombre ?
En dehors des établissements scolaires, quelles sont les initiatives prises pour informer sur les différents moyens de contraception existants ? Où peut-on trouver ces informations ? Visent-elles toutes les catégories de la population, même les plus défavorisées ? Sont-elles disponibles en plusieurs langues ?
Quant à la vasectomie, disposez-vous de statistiques concernant le nombre d’opérations de ce type pratiquées en Communauté française ?
Enfin, la vasectomie est encore méconnue par la plupart des hommes. Existe-t-il des campagnes d’information à ce sujet ? Dans la négative, comment soutenez-vous l’information relative à ce type de contraception ? J’ajouterai que la vasectomie est souvent considérée par les hommes comme une mutilation voire une atteinte à leur virilité, alors qu’une femme qui se fait ligaturer les trompes ne craint pas pour autant de perdre sa féminité.
Réponse de Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances. – Je commencerai par fournir quelques précisions concernant le public jeune, car il présente certaines spécificités.
Les jeunes dans leur ensemble connaissent bien les deux principales méthodes de contraception que sont le préservatif et la pilule. Ce sont en effet les deux moyens contraceptifs auxquels ils sont le plus sensibilisés. La pilule, pour autant que l’on en respecte les modes d’utilisation, est le moyen contraceptif le plus sûr. Elle altère très peu les chances de grossesse ultérieure et bénéficie, en tout cas pour certaines marques, d’un remboursement total pour les jeunes femmes de moins de 21 ans. De son côté, le préservatif est bien connu comme étant l’unique moyen de se prémunir contre les IST.

Les jeunes connaissent généralement assez bien un troisième moyen de contraception auquel ils ont recours dans certaines circonstances : la pilule du lendemain, prise à la suite d’un rapport sexuel inattendu ou contraint. Par peur de la réaction du partenaire ou sous l’influence de produits altérant leur vigilance et leur discernement, certaines adolescentes peuvent avoir des relations à risques.
Face à ces jeunes filles plus vulnérables, il est tentant de promouvoir des moyens de contraception qui feront moins appel à leur vigilance que la pilule contraceptive, laquelle doit être prise chaque jour à heure et à temps. Ainsi, le patch contraceptif, voire l’implant, constitue un moyen contraceptif qui pourrait bien convenir à ces jeunes femmes, à condition toutefois qu’elles bénéficient d’une sensibilisation à ce contraceptif, qu’elles aient accès à des consultations de planning familial et qu’il soit remboursé au même titre que la pilule contraceptive.
L’information sur les différents moyens de contraception est prise en charge par les centres de planning familial, les SPSE et les CPMS. Le réseau des centres de planning familial fournit, à côté des séances scolaires collectives de sensibilisation à la vie relationnelle, affective et sexuelle, une information individualisée sur les différents moyens de contraception et un accompagnement au choix du moyen le plus adéquat, au jeune ou au couple de jeunes.
En dehors du milieu scolaire, les jeunes sont notamment informés à propos de la contraception dans le milieu de l’aide à la jeunesse ou lors d’événements festifs comme les festivals de musique, notamment.
Il existe aussi une association dénommée Siréas, qui gère depuis de longues années la problématique de la prévention du sida auprès des publics migrants. Il va aussi de soi que les moyens contraceptifs sont également évoqués dans ce contexte, et cela dans plusieurs langues.
Je ne dispose pas de chiffres relatifs à la vasectomie. Cet acte chirurgical est régi par une loi fédérale relative aux soins de santé. Comme la ligature des trompes, cette méthode de contraception, que l’on nomme parfois stérilisation, s’adresse aux personnes qui ne souhaitent plus avoir d’enfant. Bien que, théoriquement, ces interventions chirurgicales soient réversibles, la pratique montre que ce n’est pas garanti.
Les actions de sensibilisation soutenues par la Communauté française s’adressent à un public jeune, à l’âge des premières expériences affectives et sexuelles. Le préservatif et la pilule sont les moyens de protection les mieux adaptés aux besoins de ce public. À ma connaissance, il n’existe pas de campagne d’information sur la vasectomie. Les renseignements sur ce type de contraception sont fournis par les professionnels de la santé dans le cadre du colloque singulier entre le patient et le médecin.
Mme Annick Saudoyer (PS). – J’ai le sentiment que ce sont surtout les jeunes filles qui sont sensibilisées par les campagnes d’information. C’est pourquoi j’insiste sur la nécessité de sensibiliser également les jeunes hommes et les hommes adultes qui sont, eux aussi, concernés par la contraception.
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