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annick-siteVoici la question orale posée lors de la séance du Parlement de la Communauté française du lundi 25 janvier 2010 à Mme Evelyne Huytebroeck, Ministre de la Jeunesse, relative au « plan 12-25 pour la Jeunesse ». Vous y trouverez également la réponse de la Ministre Huytebroeck et la discussion qui a suivi.

Mme Annick Saudoyer (PS).L’accord de majorité de la Communauté française prévoit la mise en place d’un « plan 12-25 ans » pour la jeunesse. C’est, comme vous l’avez dit dans la presse, l’une de vos priorités. Dans l’interview accordée au journal Le Soir en septembre dernier, vous déclariez notamment, je cite : « Nous devons travailler avec les organisations de jeunesse, les centres de jeunes et les associations reconnues mais je voudrais aussi toucher une population moins impliquée dans les structures : jeunes en difficulté, sans papiers, handicapés et d’autres encore ». Nous nous réjouissons de votre détermination à mettre en place cette heureuse initiative.

 

À ce stade, j’aimerais avoir quelques précisions concernant les éléments constitutifs de votre plan. Quelle sera la méthodologie suivie ? Quels en sont l’échéancier et les budgets prévus pour sa mise en œuvre ? Comment comptez-vous dégager les moyens à la hauteur de vos ambitions ?

 

Pour l’élaboration dudit plan, vous exprimez la volonté de travailler avec le secteur associatif jeune. Avez-vous déjà pris contact avec les instances sectorielles comme la Commission consultative des organisations de jeunesse (CCOJ) ou la Commission consultative des centres et maisons de jeunes (CCMCJ) ? En outre, comment ciblerez-vous vos partenaires potentiels ? Avez-vous déjà une idée de ceux que vous solliciterez dans le cadre de cette démarche ?

 

Il reste la question de l’implication des jeunes inorganisés que vous appelez « moins impliqués dans les structures ». Comment allez-vous toucher ces jeunes moins ou non représentés et quel gage de représentativité allez-vous leur donner ?

 

 

evelynehuytebroeckRéponse de Mme Evelyne Huytebroeck, Ministre de la Jeunesse. – Les questions relatives au secteur de la jeunesse sont de nature transversale. Les politiques qui touchent les jeunes se retrouvent dans de nombreux textes et compétences à différents niveaux de pouvoir, allant du règlement de police au nombre de redoublements scolaires en passant par les politiques d’emploi régionales et fédérales. Le projet du « plan jeunesse » exige de l’ambition et une réflexion collective dans le sens de la transversalité.

Nous devons non seulement définir un objectif, une méthode, un calendrier mais aussi organiser la collaboration avec les différents partenaires.

Je ne souhaite pas que la portée de ce plan soit réduite aux seules articulations dont j’ai la responsabilité, à savoir la Jeunesse et l’Aide à la jeunesse. Je ne veux pas non plus en arriver uniquement à un catalogue saisonnier de réponses politiques aux questions portant sur la place des jeunes dans notre société. Ce plan doit englober la concertation avec les acteurs de la jeunesse, les acteurs sociaux et les acteurs politiques.

Pour la concertation, des rencontres ont déjà eu lieu, notamment avec la CCOJ et la CCMCJ, qui seront consultées durant le premier semestre 2010 sur la note d’intention que nous préparons pour l’instant. Je souhaite également associer à notre réflexion le Conseil de la jeunesse qui représente tous les jeunes de la Communauté française, en ce compris les jeunes moins impliqués dans des structures. Des éléments d’un futur Plan jeunesse pourraient émerger des différents forums qui seront organisés en 2010 par le Conseil de la jeunesse.

Pour les secteurs travaillant avec des jeunes en danger, des jeunes handicapés ou au départ de thématiques spécifiques, je compte également impliquer les organes consultatifs concernés, en concertation avec les ministres de tutelle, ainsi que les conseils d’arrondissement de l’Aide à la jeunesse.

Je proposerai à mes collègues des gouvernements régionaux et communautaires de mettre sur pied une conférence interministérielle chargée du suivi et de l’inscription transversale des actions du plan jeunesse dans la durée.

Une partie des défis à relever pour et avec la jeunesse sont connus à ce jour. Je pense notamment à la participation des jeunes dans leur lieu de vie, à l’accès à l’emploi, au rapport avec les médias, aux problèmes d’assuétude ou à leurs grandes préoccupations pour un développement durable. Ces thématiques font déjà l’objet d’une attention particulière dans mes équipes et chez mes collègues. Des contacts ont déjà été pris avec les différents cabinets pour envisager une approche conjointe de ces questions et organiser des tables rondes réunissant experts et travailleurs du secteur. Ces tables rondes seront mises sur pied en parallèle avec les réunions destinées à examiner la note d’intention qui sera soumise pour consultation.

jeunesse

Comme vous le soulignez, la dimension budgétaire de cette action est importante. Malheureusement, vous le savez, les finances de la Communauté française ne nous permettent pas d’investir à la hauteur de nos ambitions. Il va donc falloir faire preuve de créativité. En tant que ministre de la Jeunesse, je n’ai pas le monopole des compétences qui touchent l’adolescent et le jeune adulte. Une action conjointe et solidaire avec mes autres collègues est donc nécessaire.

En résumé, la note d’intention est en préparation, une concertation a déjà eu lieu avec certains, notamment grâce aux agoras du Conseil de la jeunesse. Une rencontre est prévue avec les autres ministres pour assurer un plan cohérent et efficace. Nous pouvons certainement y arriver en dépit des difficultés. Je prends pour exemple le plan Pauvreté bruxellois, dans lequel plusieurs niveaux de pouvoir sont impliqués. L’organisation d’une conférence interministérielle et l’élaboration de propositions très concrètes dans tous les domaines nous aideront sans doute à y arriver. Cela ne se fera peut-être pas en six mois. Notre objectif va au-delà d’une simple note d’intention, nous voulons des engagements concrets à proposer dans le budget.

 

Mme Annick Saudoyer (PS). – Madame la ministre, vous semblez vous poser les mêmes questions que moi ! Vous parlez d’une note d’intention mais je vous interrogeais justement sur vos intentions ! Notre commission devrait disposer de plus de précisions sur ce plan. Si vous êtes en train de l’écrire, nous aimerions pouvoir participer à son élaboration. Nous devrions également avoir des informations sur l’aspect budgétaire. Une note d’intention sans budget n’est pas très utile. De grandes déclarations politiques seront sans effet sur le terrain. J’espère que nous pourrons revenir rapidement sur cette question et que vous pourrez défendre ce plan dans le budget.

 

Mme Evelyne Huytebroeck, ministre de la Jeunesse. La concertation avec les parlementaires devra certainement avoir lieu mais laissez-nous le temps de travailler. Cette note d’intention n’est pas uniquement concoctée dans mon cabinet. Des partenaires ont déjà été rencontrés, je voudrais qu’il y en ait d’autres. Les agoras du Conseil de la Jeunesse doivent également aboutir. Après cette concertation et quand la note d’intention sera prête, je pourrai vous présenter ce plan mais, à mon avis, ce ne sera pas avant quelques mois.

 

Mme Annick Saudoyer (PS). – Nous attendrons patiemment votre note, madame la ministre.