Question orale sur la promotion de journées sans viande | Annick Saudoyer, le site !

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annick-site1Voici la question orale posée lors de la séance du Parlement de la Communauté française du mardi 27 avril 2010 à Mme Fadila Laanan, Ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Egalité des Chances, intitulée « Promotion de journées sans viande en Communauté française ». Vous y trouverez également la réponse de la Ministre Laanan.

 

Mme Annick Saudoyer (PS). Diverses études convergent pour dire que, dans les pays industrialisés, l’alimentation comprend en moyenne trop de viande, en particulier de viande rouge, et qu’il serait opportun d’en réduire la quantité absorbée. En Belgique, la consommation serait de 270 grammes par jour au lieu des 75 à 100 grammes recommandés. L’impact tant sur la santé – accroissement des risques de cancers, excès de poids, etc. – que sur l’environnement est mis en évidence pour montrer les effets indésirables d’une surconsommation effrénée. De nombreuses recommandations visent la réduction de consommation de viande au profit d’un meilleur équilibre alimentaire.

C’est pourquoi je m’intéresse de près à ce qui peut être dit ou écrit sur des opérations telles que les journées sans viande. En Belgique, c’est l’enseignement communal gantois qui a lancé l’initiative à grande échelle. Depuis le début de l’année scolaire, chaque jeudi y est une journée sans viande. Ce jour-là, plus de deux mille élèves qui mangent un repas chaud à midi reçoivent un repas végétarien composé essentiellement de légumes et de pâtes ou de riz.

L’objectif de cette fameuse journée sans viande est simple : réduire d’un septième notre consommation de produits d’origine animale.

C’est tout d’abord une question de santé. Manger sain et végétarien signifie moins de graisses animales et de cholestérol, plus de fibres, plus de fruits et de légumes. Une consommation trop importante de viande, particulièrement de certaines d’entre elles, augmente considérablement le risque de développer des maladies cardiovasculaires, le diabète, l’obésité ou encore certains cancers, notamment celui du côlon.

L’argument le plus important reste cependant celui de l’environnement. En effet, produire de la viande coûte beaucoup plus cher, en termes de carbone, que produire la même quantité de protéines végétales. La production de viande à grande échelle est responsable de 18 % des émissions de gaz à effet de serre. Bref, plus on « végétalise » son alimentation, plus on diminue son empreinte écologique – pollution, déforestation, effet de serre, gaspillage de ressources, etc. – et ce, de façon bien plus efficace que par d’autres gestes quotidiens.

Il ne s’agit pas de mettre en péril les producteurs de viande en supprimant celle-ci de l’alimentation mais bien de responsabiliser chacun et chacune à des comportements bénéfiques en termes de santé et d’environnement, en réduisant la consommation de façon adaptée.

En Communauté française, les dispositions relatives au plan de promotion de l’alimentation et des habitudes saines tiennent-elles compte de cet aspect ? Le cas échéant, comment coordonner une action efficace qui touche tous les secteurs de la Communauté française : écoles, accueil de l’enfance, santé, centres de vacances, centres Adeps, restaurants universitaires, etc. ? Le label Manger-Bouger octroyé aux écoles intègre-t-il ou pourrait-il intégrer à l’avenir cette dimension ?

 

laananRéponse de Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances. – La question de savoir si le Plan de promotion des attitudes saines intègre des dispositions relatives à l’équilibre alimentaire au regard de l’environnement est tout à fait pertinente. L’outil Enfant et Nutrition, guide à l’usage des professionnels, comprend toutes les recommandations alimentaires mises à jour avec des experts. La question des quantités de protéines y est largement évoquée. L’ouvrage a été diffusé auprès des services de promotion de la santé à l’école, des centres locaux de promotion à la santé, de l’ONE et de ses différents acteurs. Il est également possible d’en obtenir un exemplaire via le numéro vert de la Communauté française 0800 20 000.

Par ailleurs, le personnel de cuisine des écoles et des milieux d’accueil de la petite enfance a pu participer à des formations pour améliorer la qualité des repas en tenant compte des règles à respecter pour les collectivités ; je pense notamment aux règles d’hygiène. Un accompagnement à l’utilisation du guide et à la mise en pratique des enseignements tirés des formations dispensées doit encore être soumis à ma réflexion et à celle de mes collègues de l’enseignement, du sport et de la petite enfance, comme l’ensemble des autres mesures de la politique de promotion des attitudes saines.

Le label Manger-Bouger, quant à lui, comporte un aspect relatif à l’offre alimentaire dans les écoles où les repas de midi constituent un des axes du cahier des charges du label et sont analysés aussi sous l’angle de l’équilibre alimentaire offert aux enfants. Des recommandations sont formulées aux écoles pour améliorer celui-ci, mais il existe de nombreuses contraintes qui ne leur permettent pas d’offrir un équilibre alimentaire idéal. L’une d’entre elles réside dans les multiples pouvoirs organisateurs des écoles, lesquels rendent difficiles l’harmonisation des offres alimentaires et l’organisation des temps de repas.

Soulignons que toutes les écoles de la Communauté française ne proposent pas nécessairement des repas chauds.

Le cahier des charges du label comporte un axe « environnement et développement durable ». À ce stade, il n’inclut pas la question particulière de la production de viande et son impact sur l’environnement. Il est actuellement davantage axé sur le problème des déchets et les apprentissages traitant des questions de développement durable. L’eau a été particulièrement mise en évidence parce qu’elle représente un élément extrêmement important qui pose de nombreux problèmes : accès de l’eau de distribution, lutte contre les excès de boissons sucrées, déchets associés aux boissons, etc.

sans-viandeLa coordination pour une action efficace passe notamment par l’existence d’un plan où toutes les compétences sont présentes et impliquées. Il s’agit précisément du rôle du comité de pilotage où siègent les représentants des ministres concernés et des administrations.

Enfin, je souligne que toutes les actions qui composeront la politique de promotion des attitudes saines ont pour but de donner des informations aux enfants et aux jeunes, de les aider à développer un esprit critique et de leur offrir un cadre cohérent assorti de recommandations en matière d’alimentation et d’activités physiques.

Votre question et la proposition que vous  évoquez feront sans doute l’objet d’une attention un peu plus précise à l’avenir. Il est vrai que, jusqu’à présent, les priorités ont été mises sur les éléments que je viens de citer mais il va de soi que nous serons amenés à poursuivre cette réflexion afin de sensibiliser tous les enfants et les jeunes de notre Communauté.

 

Mme Annick Saudoyer (PS).Je constate, madame la ministre, que vous êtes très sensible à ce sujet et que vous en tiendrez compte à l’avenir. Je n’ai donc rien à ajouter.